LE BAVARD(SUITE)


hgconteurbrive

 

Deux raisons de rééditer cet article(30/03/2016)

Etape à La  Ferté saint Cyr le 30 mars au soir. Nous venons de visiter Chambord.  A l’hôtel le voisin de table, belge,  lie facilement la conversation  qui roule sur son goût pour la randonnée, la région, les marées aux alentours puis le Lot dont  nous sommes, qu’il connait à cause du chemin de Compostelle, enfin l’Aubrac qui lui a laissé des souvenirs  et il évoque la tarte aux fraises servie « Chez Germaine ». Un restaurant ? Oui.. une grande bâtisse ? Oui. Isolée ? Oui…

 

« Ah ,lui dis-je, peut-être le lien avec le lieu mentionné dans l’article 30 mars 2013. Figurez-vous que j’ai hésité à le remettre hier en ligne puisque c’est sa date anniversaire. Nous sommes exactement le 30 mars 2016 et je garde ce souvenir évoqué comme une pépite à la fois savoureuse et intrigante …»GHV

 

L’article du 30/03/2013:

Monsieur, vous avez un livre à écrire!

Vous l’ignoriez mais c’est ce que me laissait comprendre la conversation que vous teniez avec votre voisin dans le train qui démarrait de Brive vers St Denis les Martel et  plus loin vers Gramat ce jour de septembre 2011.  Conversation ? Non : plutôt monologue ou soliloque . Il faisait beau et chaud  et tout en parlant, vite et haut, vous m’observiez. Vous me regardiez prendre des notes et de ce fait je devenais l’interlocutrice privilégiée.

Et cette histoire ferait vraiment un  livre excellent qui mettrait en scène cette femme rigide, froide et rare, la Germaine qui tenait l’hôtel d’Aubrac et dont vous faisiez le portrait. Vous étiez  entré là comme apprenti  en cuisine, un gamin , le travail sept jours sur sept. Une vie occupée mais d’ennui , de solitude, de chagrin, avec les corvées de cuivre , les conserves à préparer, les nettoyages durant les longues périodes de neige puis aux beaux jours les personnes célèbres qui descendaient des belles déesses escortées par des motards pour s’attabler là dans ce presque désert :  le président Auriol,  le préfet, des députés, plus tard Valérie Giscard d’Estaing photographié dans la grande salle mangeant la cuisse de la dinde préparée par  elle au pied-levé. Mais surtout la guerre, les allemands, sa déportation (il ne sait pourquoi) et à son retour la récupération de la vaisselle qu’elle avait cachée, l’anecdote des crêpes et des louis d’or, et encore la chaine et la médaille de la vierge en or aussi qu’elle lui avait données  avant qu’il n’aille passer son permis, et le don de provisions dont elle avait rempli son coffre un jour qu’il rentrait chez sa mère: les gendarmes les arrêteraient lui et son frère. Elle les dédouanerait, elle connaissait tant de monde. Il y avait eu aussi ces habitudes  de province : les volaillers qui après les foires lui apportaient leurs invendus et à nouveau le travail pour lui jusqu’à l’épuisement car elle leur prenait tout sans compter…Une vie d’embrouilles, de fausses déclarations, et aussi une mainmise autoritaire sur la famille, les fils. Une sorte de tribu pas très nette.. .Il avait été question aussi d’un sanatorium, d’une école de « neige », d’une colonie de vacances dont l’inauguration aurait provoquée la venue de VGDE …Puis l’hôtel qui brûle…la fin d’un règne.

Une trentaine de minutes et ma main qui courait, courait pour ne rien oublier, en abrégé parfois et maintenant la lecture des notes est confuse. A Saint  Denis les Martels  avant de descendre vous m’avez dit : « j’espère que vous vendrez mon dessin ».GHV .

 

Publicités

Étiquettes : , , ,

About trainsurtrainghv

Le blog initié pour extraire de leurs carnets mes croquis du train (GHV:banlieue, quotidien, voyage petit, paroles singulières), prend corps avec les mots d'Evelyne (ELB: déambulations parisiennes et banlieusardes, sensations et constats et depuis peu retour sur le Lot). La palette de notre enfance quercynoise nous autorise ce regard particulier sur le monde citadin et banlieusard et sur la vie en province. GHV

2 responses to “LE BAVARD(SUITE)”

  1. croquedessin says :

    J’adore l’attitude du personnage.

    J'aime

  2. manh14 says :

    Un très beau moment où tout s’arrête pour voir et écouter le fil de la vie qui va…Certes il y a une amorce de roman, ou de nouvelle. Bravo.

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :