…je n’ai pas le cœur à le dire

 

comme s’égrenait  la chanson.

Le choc passé, dans un autre monde et un autre temps, baroque par le chant et après avoir pris des nouvelles d’Huguette* et après décantation, je réagis et aurais tendance à voir notre monde, tel une ruche sans organisation,  « alvéolé »,  comme autant de petits mondes côte à côte et cloisonnés.

Bêtise, ignorance, haine, pauvreté, misère, errance ou déshérence : quel mobile pousse à bout pour en arriver à ce geste de violence.

Un monde où dessiner serait un acte d’agression et être dessiné se sentir violé ? Je n’en veux pas et vous non plus.

Comme dit Huguette, que de questions. Mais alors que faire, que penser et que dire.

Et même si nous parvenions à ce que chacun ait droit à son rayon de miel, le monde irait-il mieux ? Sans doute mais il faudrait aussi décloisonner et faire circuler les idées, les cultures avec leur histoire et leur langue ou leur chant.

Comme nous sommes encore dans la quinzaine du Printemps des poètes  -et aussi en pleine semaine de la francophonie-,  en souvenir d’un poète Kosovar rencontré au Festival de poésie de Sète l’an passé, Agim Vinca, grand admirateur de Valéry, un poème qui garde toujours, pour moi, tout son mystère et sa musique: Les pas .

De qui ou de quoi s’agit-il? Un être mystérieux, le rêve, la personne aimée,  l’inspiration, la pensée en chemin ou la création elle-même ou ce qui la précède, arrivant à pas menus ?

Sans doute beaucoup le connaisse mais je ne peux m’empêcher de le partager à nouveau :

 

Les pas.

 

Tes pas, enfants de mon silence,

Saintement, lentement placés,

Vers le lit de ma vigilance,

Procèdent muets et glacés.

 

Personne pure, ombre divine ;

Qu’ils sont doux tes pas retenus,

Dieux !… Tous les dons que je devine

Viennent à moi sur ces pieds nus !

 

Si, de tes lèvres avancées,

Tu prépares pour l’apaiser

A l’habitant de mes pensées

La nourriture d’un baiser,

 

Ne hâte pas cet acte tendre,

Douceur d’être et de n’être pas,

Car j’ai vécu de vous attendre

Et mon cœur n’était que vos pas.

 

                                    Charmes, 1922

 

Le  mystère donc nous encourage à ouvrir des portes et à solliciter la pensée. Le percerons-nous jamais ?

ELB

 

 

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