Archive | mars 2016

Le grand Bergounioux.

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Qu’en dire ?  Lisez, plutôt :

 

« Ce qui peut m’inciter à tenir ces carnets

est que je me défie de celui que je suis

aujourd’hui, et que je crédite celui que je

serai demain d’un discernement supérieur”.

 

« Le  monde reste une énigme. Il est neuf chaque jour,

et il nous appartient de le déchiffrer. C’est notre affaire,

à nous les vivants, d’interroger ce mystère. Et même si nous

échouons finalement, au moins aurons-nous livré bataille ».

 

“Un caractère de fatalité s’attache à une origine

sociale et géographique. Le fait de voir le jour sur

la bordure occidentale du Massif central, dans une

région de terres mauvaises et de faibles ressources,

a un certain nombre de conséquences ».

 

 

Qu’en dire? Rien… ou presque:

En écoutant  Pierre Bergounioux parler du pays, de la Corrèze et de son grand attachement à la lumière lotoise où à  Cassagne il a des souvenirs vibrants, je voyais aussi ma maison rose qui ne l’était pas et revoyais ce temps où j’apprivoisais le jour.

Sa proximité avec les ombres du passé, la parentèle disparue, sa quête perpétuelle, les scrupuleux détails de la méteo  : tout fait écho. Sa grande tendresse pour sa « princesse mandchoue », sa  femme, sa recherche minutieuse d’éclaircissement le rendent plus qu’humain.

Je peux le lire mais il me retourne, je peux l’entendre mais l’écouter me touche au plus profond. Sa voix, silencieusement me tire des larmes. Je m’y suis reprise à deux fois pour l’écouter jusqu’au bout, ce samedi matin ; dimanche, cela n’a pas été plus facile.

Il est toujours question d’origine et d’identité. Son questionnement sans fin, tracassé par les commencements, nous interroge aussi .Il est un miroir de nos vies, forcément quotidiennes sinon elles ne sont pas, n’existent pas. Nous ne pouvons nous dérober à nous-mêmes.

 

Il faut lire tout Bergounioux.

 

Chez Verdier pour la plupart et Gallimard mais aussi Fata  Morgana et Pleins feux et autres petites maisons d’édition.

 

ELB

En réponse à  l’article précédent:lire

Pierre Bergounioux, en campagne et en banlieue.

 

 

 

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Je me lance dans la publicité .  Et pour Pierre Bergounioux je choisis quelque chose de sobre car l’homme est attachant , l’écrivain fertile, le penseur sévère, le style parfois exigeant et chacun, chacune,  entre en lecture comme l’on entre à la Trappe pour s’isoler et mieux comprendre le monde. En lisant  son journal  je me suis confortée dans cette manie de croquer , de dessiner au quotidien.

J’ai choisi deux croquis : un citadin  dans le train de banlieue, peut-être  un déraciné de  » province », et deux profils lotois. Je sais que c’était sur le champ de courses de Gramat un lundi et quel mois d’août de quelle année….Je veux ainsi évoquer cette habitude d’opposer deux paysages, deux imaginaires, deux humanités, habitude forcée par la vie. C’est ce qui me semblait le mieux illustrer le travail de cet acharné du quotidien , du souvenir, de la nostalgie,(Douleur du retour).

J’invite à le découvrir  en ( ré)-écoutant les dix minutes d’interview des 25 et 26 mars du 5/7 avec Dorothée Barba.

http://www.franceinter.fr/emission-le-57-du-week-end-la-correze-verte-hirsute-cabossee-de-pierre-bergounioux

http://www.franceinter.fr/reecouter-diffusions/662554

Les lotois (ElB et moi-même auteures  de ce blog en sommes) et corréziens apprécieront car l’homme qui vit ,travaille, oeuvre en région parisienne  est né à Brives .

Les citadins qui ont des racines du terroir, de la « province  » comprendront et les banlieusards aussi pour la plupart déracinés et nostalgiques de la couleur d’un ciel, du parfum d’une herbe , de visages …Et tous les amoureux de belle écriture. J’attends avec impatience qu’Evelyne prose sur ce qui nous le rend si indispensable, elle qui me l’a fait si bien découvrir il y a une quinzaine d’année que j’ai sur une étagère les trois tomes de son journal (Carnet de note I,II,III) , que me reste à réserver le dernier, et aussi quelques titres ,  entre autres Miette, Le grand sylvain, Back in the sixties que je me promettais de relire hier en apprenant l’arrivée à Cuba des Rollings-stones dans la foulée d’Obama . Il y est question  du temps arrêté  . Et voilà que l’on nous assène l’idée d’un redémarrage. Tout donne à penser . Pierre Bergounioux a du noter cela dans son carnet .GHV

 

 

 

Haïku du jour.

 

Goguenarde

Pleine lune de printemps

Se fait oublier.

 

ELB