Archive | décembre 2015

Haïku du soir.

Coucou a chanté

Cognassier du Japon refleurit

Lune narquoise.

 

 

 

Le premier à Paris

Pericoloso sporgersi-

La lune ou le train ?

 

ELB

 

 

 

 

 

Pourquoi le fer ?

odeur de fer1

 

Une carcasse de gare ? Me voici émoustillée .Là,  je prends une photo, pour l’odeur et le jour tailladé par les arcades,  pour le ciel et pour le quai aussi,  avec ses flaques de lumière ou d’eau.

Les oiseaux,  sur le guéridon du café,  accompagnent l’attente de mon train.

La charpente métallique de la gare me séduit et me parle ; pourquoi cet engouement pour les arcades, piliers et colonnes de fer ou de fonte-, je ne suis pas regardante .Il en est de même pour les ponts, les grues et tous ces jeux de mécanos  qui tirent la matière vers le haut ou l’étirent au-dessus d’une rivière ou d’une vallée que l’on avait crue infranchissable. Sur l’un de mes trajets quotidiens, je retrouve presque avec  jubilation,  le pont  métallique comme si en quelque sorte, il m’allégeait.

Avec ses colonnes et son ossature, la longue salle de lecture, voutée de la bibliothèque Ste Geneviève m’a ravie quand je l’ai découverte. Les tours,  les halles avec leur squelette de fer m’impressionnent tout autant.

Matière que l’on dit lourde la plupart du temps,  même dans un ciel de Paris souvent gris, elle continue à me fasciner. Quelle scène, de ma fenêtre côté jardin  quand les grues se découpent au lever  du soleil. Pleines de perspectives, leurs lignes dans le ciel, dessinent avec souplesse parfois, des pictogrammes,  cousins de la représentation  graphique de certaines de nos constellations. J’observe souvent cette rectitude et à la fois cette élasticité des grues. Le plus souvent rouge et blanc, elles peuvent être,  comme du côté de la Porte de Clichy sur le chantier du  futur Palais de justice,  vert,  jaune ou encore bleu. Il arrive qu’elles se déplacent d’avant en arrière ou de gauche à droite. Pour l’heure, elles font partie du décor et je savoure.

De même que les grues, tout ce qui tend vers le ciel comme ces cheminées d’anciennes usines envahies par les herbes folles,  dressent leur tour de brique au rouge délavé. La cheminée pointe du doigt vers les nuages. Finalement, la symétrie, les lignes me rassurent, sans doute.

Et puis, il y a l’odeur du fer ; nous la respirions, enfants, en passant devant l’atelier  de Clément, ouvert sur la rue. Il était le charron et le menuisier du village. Il avait fait la porte vitrée de l’entrée remplaçant la lourde porte pleine au marteau et les lourds bancs de chêne pour la grande table rectangulaire. Il avait même refait le tiroir du confiturier et sculpté le motif d’origine. Et longtemps il parut plus clair  bien que la grand- tante Adèle l’encaustiquât très  souvent.

Des charrettes bleues aux essieux et aux roues si imposantes,  je me rappelle surtout  l’odeur du fer cerclant le bois qui,  en roulant sur le chemin, dégageait ce parfum si particulier sans parler du bruit haché et de cette crépitation due à l’irrégularité  des pierres ou du gravier.

L’odeur du fer chauffé, je l’ai retrouvée en 1970 quand, pour la première fois, à l’invitation d’une tante, je visite Paris. Cette odeur, Je ne l’ai pas sentie tout de suite à mon arrivée à Austerlitz mais le lendemain,  à  Denfert-Rochereau,  étape de notre balade. Et cette odeur de fer chauffé,  mêlée à celle du gaz est depuis, pour moi indissociable de cette station de métro. Je la retrouve à Duroc, aussi. La mémoire stimulée par l’odeur ou la couleur…

C’était pour Noël et les carrés de feuilles métalliques cliquetant et renvoyant mille feux qui ornaient les arbres  des Champs Elysées m’avaient éblouie. J’avais seize ans.

Quarante-cinq ans après, j’imagine toujours le givre ou la neige,  à Noël.

 

ELB

 

Le carnet 1 de Robert.

petit carnet1Robert a écrit sur les quatre premières pages de l’un des deux carnets qu’il m’a offert pour mon départ.

Ils tiennent  dans ma main. Sentiment nouveau pour moi qui n’aime pas les petits formats, les 15/21 étant mes habituels. Et puis adoption…

Il m’appartient de les remplir.

Sur le premier je n’ai dessiné que des pieds, de Michel-Ange, de christs du moyen-âge, d’animaux de Rubens(un sabot, une patte de lionne),d’un démon de Schongaouer,  de bois, de pierre , esquissés  ou peints, j’en passe.

Du Carrache, Annibale de son prénom,les pieds paresseux d’Hippomède lequel pour dépasser à la course la trop véloce Atalante la   séduisit avec trois pommes d’or  lâchées au sol et qu’elle ne pu s’empêcher de cueillir. Son adversaire en arrivant premier l’épousait! Mais aussi il échappait à la mort qu’elle réservait aux prétendants malchanceux.

Je  réserve le deuxième aux mains. Il sera plus facile d’en trouver des représentations et plus nobles aussi .

Il en fut de mes recherches comme celle d’un néophite en vide-greniers qui cherchant un objet au milieu d’un fatras sans nom mais  parce qu’il se donne un but découvre des perles .GHV