Les petits chevaux de Tarquinia.

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En rangeant les tiroirs de mon bureau, je tombe sur une carte postale évoquant sur fond noir et vert des chevaux d’un autre âge ; que fait là cette carte égarée au milieu d’un fatras de papiers, certains pliés, d’autres plutôt abîmés, à jeter sans doute.

Et je repense aussitôt à ce roman de Marguerite Duras, Les Petits Chevaux de Tarquinia, paru en 1953  chez Gallimard. Me voilà partie- moi qui ne connais pas l’Italie-, pour Tarquinia dans le Latium, capitale de l’Etrurie, une partie de la Toscane actuelle, en bordure de la mer Tyrrhénienne dont le nom en grec signifie étrusque.Une autre partie de l’Étrurie  se situait plus au sud, en Campanie actuelle.

Tremblantes,  les fresques représentant les fameux chevaux ainsi que de nombreuses stèles de monuments et autres tombes interrogent encore, bien sûr,  les historiens et archéologues.

Au début du VII siècle avant JC, les Etrusques avaient un alphabet très proche du grec et une écriture qui se lisait de droite à gauche. Le rôle de la femme y était valorisé alors que chez les Romains et les Grecs, il était effacé voire méprisé. Malgré les onze mille inscriptions- les plus nombreuses de toutes les civilisations méditerranéennes-, aux dires des spécialistes, il y a trop peu de textes de longueur et d’importance pour permettre d’en éclairer totalement l’histoire. Après une période de splendeur grâce aux contacts et fructueux échanges,  le pouvoir et la domination étrusque  finit par décliner suite aux  revers face aux Grecs et aux coups de boutoir romain.

Leur fatalisme et le déterminisme religieux pourraient en être la cause ; c’est l’hypothèse.

Il y a fort longtemps, un des cours  les plus intéressants, à la fac de Bordeaux III en Lettres Modernes, était  Civilisations et Cultures antiques. Monsieur Odile nous captivait. Les cours de latin, grammaire thème et version étaient moins courus mais pour rien au monde, nous aurions manqué celui-ci. Je l’ai conservé très longtemps et c’est au neuvième déménagement que le papier jauni et esquinté a cédé au temps, hélas. Chaque départ était l’occasion de parcourir à nouveau toutes ces pages de plus en plus légères et de moins en moins faciles à déchiffrer  car selon le lieu de stockage, cave trop humide ou placard exigu, « le gros paquet » avait pris mal.

Mais revenons à nos chevaux, ceux de Duras. Les personnages du roman sont en  vacances en Italie, au bord de la mer, par une chaleur étouffante. Deux couples dont le lien d’amour se délite, ne savent pas très bien où ils en sont. Le thème central du livre pourrait être l’enfant … ou le départ .Tout est langueur et la petite plage respire l’engourdissement ; un drame vient de s’y dérouler  (un jeune homme a sauté sur une mine de la dernière guerre). Occupés surtout à se distraire pour des vacances apparemment calmes, les personnages évoquent la vie, l’amour et comme souvent,  les sentiments avec leurs errements tiennent une grande place.

« ….Et c’est ça l’amour. S’y soustraire, on ne peut pas. » Dit l’un des personnages évoquant  l’ordinaire, le quotidien, la routine et l’extraordinaire parfois.

Grâce à la banalité des jours, me voilà au trot et au galop,  avec ce  bout de papier oublié, chiffonné, de Duras jusqu’à la cité étrusque dans le Latium déambulant dans l’histoire d’une des plus riches civilisations méditerranéennes.

ELB

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