Archive | septembre 2015

Trainsurtrainghv et la revue Bribes.

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La revue Bribes publie aujourd’hui son troisième numéro(septembre) . Elle nous fait l’honneur de prolonger notre partenariat . Page 26 : quatre de mes croquis du train et les textes d’Evelyne Laplaze Blaya (ELB).

La revue intéressera les enseignants en arts plastiques qui y trouveront matière à réflexion et possibilités d’échange. Je laisse  nos 290 abonnés le partager sans modération auprès des amoureux de lecture, d’art et de la vie en général. GHV/Huguette Galante.

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Ainsi va le jour. 23

 

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Un chauffeur de taxi qui astique sa voiture presque neuve, le garçon de café place de Clichy qui va apporter au livreur pressé resté sur son scooter, une tasse de café tandis que la serveuse remplit déjà les carafes pour midi et de l’autre côté, un bricoleur qui tente un passage forcé au début du boulevard Rochechouart avec une grande poutre : le  spectacle ordinaire de la rue dont je me délecte en buvant un café tout juste avant de passer le pont métallique.

Désormais les tags le recouvrent en partie et il offre une jolie palette pleine de peps ; En tout cas, rien qui ne heurte la vue ou  l’agresse. L’ombre du parapet en treillis projetée par le soleil dessine des sortes d’arabesques  comme jetées au-dessus des tombes sous un ciel rayonnant après l’averse.

Les premiers jours de reprise  traînent leur lot d’inquiétude, parfois de stress et de joie à retrouver certains. La vie au travail a repris, celle des retrouvailles avec connaissances diverses et amis aussi. La vie et le commentaire que chacun peut en faire avec ou sans papotages, ragots ou rumeurs.

Aujourd’hui dimanche, je ne sais ce qu’ont dans la tête les cols verts d’à côté :Ils quittent le parc pour venir sur le rond-point herbu et fleuri de la place. Il est vrai que la fin de semaine,  il n’y a que très peu de circulation et l’esprit d’indépendance de certains canards les pousse jusque sous nos fenêtres et c’est un spectacle insolite. Tiens, en voilà qui sont libres !

Je n’ai pu m’empêcher, en rentrant de penser à ses images TV que nous regardions enfant ou plutôt adolescents et j’ai mis un moment à retrouver le nom de cet éthologue Autrichien, Konrad Lorenz,  biologiste spécialiste du comportement animal. Nombreux  documentaires le montraient, avec ses oies cendrées : il les écoutait, leur parlait sans doute. Notre célèbre et médiatique Cyrulnik est parti de cette observation-là, celle des animaux qui l’ont conduit à l’homme. La  sociologie animale donc humaine a avancé grâce à eux. La contribution de grands esprits chercheurs  à l’exploration du monde et de l’homme nous aide à mieux comprendre. Nous devons nous en réjouir.

La découverte d’un ancêtre, l’Homo nadéli, (sans doute pas direct) mais nous en sommes en quelque sorte les survivants, d’une petite partie du genre Homo et de la sous- espèce Homo sapiens sapiens, si j’ai bien compris. L’âge pose question et n’est pas encore avéré. Le cerveau de la taille d’une orange, haut de 1, 50 m et les pieds d’un homme moderne. Il a toujours marché, l’homme, enfin depuis qu’il se tient debout,  et il continue d’avoir envie de vivre. C’est plutôt une bonne nouvelle !

Il cherche toujours à survivre,cet homme,  à vivre mieux en  fuyant la guerre, la tyrannie, les raz de marée et tsunami ou tornade et tout le cortège de misères et de douleurs qui en découlent. Le flot de réfugiés, représente à peine plus de 0, 11 % de la population de l’Union, autant dire une goutte d’eau. 120 000 personnes et à la veille de la deuxième guerre mondiale, la France, seule,  a dû faire face à l’arrivée de 400 000 Espagnols. Le contexte était-il meilleur ?

Les errements de l’Union à propos des migrants et la réponse autoritaire de certains états remettant au goût du jour les fils de fer barbelé. L’ambiance crispée est inspirée par la peur chez certains. La répartition de ces femmes, enfants et hommes en exil semble actée même si 19 pays sur 28 ont été épinglés parce que ne respectant pas le droit d’asile, y compris la France. Je n’ai pas beaucoup entendu ni lu d’ailleurs le mot EXIL tout au long de ces semaines de commentaires et d’analyses dont on a été abreuvés jusqu’à plus soif. Et comble, l’Arabie Saoudite qui avec pas moins de 135 décapitations depuis le début de cette année,  vient d’être admise,  par son représentant, au Conseil des droits de l’homme à l’ONU. Dans ces entrelacs diplomatiques et géostratégiques, comment s’en sortir ?

Sur mon trajet quotidien  j’observe que le nombre de drapeaux français exhibés aux fenêtres ou plantés sur le balcon a doublé : passé de deux à quatre et ce n’est pas pour la coupe du monde de rugby.  Ignore-t-on que deux de ses couleurs -le bleu et le rouge- se retrouvent sur  nombre de  drapeaux et ne sont pas toujours symbole de liberté ?

Je n’ai pas voix au chapitre mais ai retrouvé avec un immense plaisir le chant choral et notre voix, le plus humain des instruments de musique,  est étonnant et plein de surprises et de ressources.

Je rêve d’une voix qui se timbre, s’assouplit et s’arrondit, mais non, elle est ordinaire, loin d’être brillante mais elle sonne et m’oblige à composer avec celle des autres et c’est là tout l’enjeu et le réel plaisir de la polyphonie.

ELB

PS: Il existe une page regroupant tous les textes de Ainsi va le jour

Haïku du jour.

Au ciel capricieux

Il pousse les nuages-

Vent de l’automne.

ELB