Archive | août 2015

Sans paroles …ou presque

pluie

Que l’on manquât de mots ou qu’on ne sut les dire, deux onomatopées auraient suffi pour résumer le temps météo de ces dernières semaines: celle exprimant le bruit d’un vent chaud: ffff… vvvv… et depuis deux jours celle de l’averse de la nuit de samedi à dimanche: plic plac ploc..

Le vent chaud avait tout raclé; l’herbe sèche, jaunie et rase de ce bout de causse était le tableau qu’Huguette,  de quelques coups de crayon, aurait pu illustrer.

Puis, la nuit dernière, la pluie a rendu vie. Tant pis pour les trois dernières nuits  sans étoiles dont le ciel lotois est habituellement, gourmand.

– vingt millimètres chez nous!

– Trente dans le village d’à côté!

Qui dit mieux? trois cents litres au mètre carré, c’est pas si mal.

– Bah! est-ce-que ça suffira pour la suite. Il faut être paysan pour comprendre.

Mines réjouies, ainsi discutaient ceux, qui comme moi, attendaient leur tour à la boulangerie, hier matin à la sortie de la messe ou de leur lit.

A l’abri de maisons lourdes de pierres ou de briques, le souffle court et la parole rare, on l’attendait, on l’espérait.

Gonflant voiles latines et autres toiles tendues dans la ville, de Sète à Toulouse en passant par Carcassonne, le vent semblait venir de loin, de plus bas encore, plus au sud. Tiède ou chaud, il assommait bêtes et gens.

De mer en canal, de la rivière Aude et sur la Garonne, descendue de quelques crans, les mouettes criardes, les aigrettes et hérons égarés jusqu’au seul martin pêcheur, ils se regardaient les pattes sur de maigres îlots éphémères en bas de la chute du Bazacle.

Aujourd’hui, le plateau calcaire lotois a commencé à reverdir.

A quelques heures près, nous n’aurions pas connu les jardins après la pluie.

Un jour, qui sait, mes petits-enfants danseront à l’annonce de la pluie ou migreront en Scandinavie  ou plus au Nord encore.

ELB

Paris l’après-midi, fin de vie.

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Heure d’une escapade sur Paris ,le vendredi après-midi, mois d’août ,trottoirs surchauffés, bruit, intonations étrangères,le métro, le train, la circulation, beaucoup , beaucoup de visages, de silhouettes. Retour après trois semaines au vert. Je ne sais plus démarrer la voiture, je refais sans cesse les listes de ce que je dois prendre et oublie quelque chose tout de même.

Je n’ai aucun plan pour trouver la rue Audubon et m’en remet à l’expérience des gens que je croise. Je suis en avance. A la terrasse du café presque déserte la serveuse connait une librairie dans le quartier:  » Peut-être est-elle fermée. A gauche , plus haut. »

Sur le pas de porte un débordement de bacs emplis de livres ,poches, poésie, livres d’art, …L’intérieur est sombre, un gars derrière son ordinateur face à un gars assis en short et chemise légère  me rend la monnaie sur dix euros pour trois livres d’auteurs italiens. Je ne trouverai pas chez lui Maherba, trop récent.

– « Je suis un type heureux, je remplace le propriétaire pour trois semaines. J’étais éditeur vous savez…J’ai écrit aussi , publié…Alors là au milieu des livres…Et celui-ci est un ami professeur à Oxford, il est venu me rendre visite, nous échangeons… »

Le professeur ami et chinois apparemment, fort accent: « Non , Cambridge! »

Je passe un quart d’heure dans l’arrière-boutique: histoire, philosophie, psychiatrie, psychologie… »La bibliothèque d’un psychiatre  récupérée en intégralité…. » Un livre érotique déclassé sur une étagère, éclairage au néon, éclectisme des éditions, des couvertures .

De quoi aurions nous discuté si j’avais joué le jeu de la conversation?

Rue Audubon où j’ai pris rendez-vous pour la signature de mon dossier de retraite : une jeune femme  me reçoit, longiligne, brune, salue du bout des doigts lâches et souples  et récapitule avec moi ma vie de fonctionnaire puis me souhaite une bonne retraite.  Dernière poignée de main.

Je rentre rapidement. Chez elle Giuseppina ma belle-mère attend mon retour. Elle a rangé méticuleusement les deux enveloppes de ses médicaments préparés pour l’infirmière dans un sachet noué, enfermé dans un deuxième et enfin dans un troisième. »Tu sais, mon mari je le vois partout, aussi je ferme la porte de sa chambre. »GHV

Réponse à Livres friandises pour l’été.

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ELB avait donné en date du 12 juillet  ses conseils pour livres et essais à dévorer ou « suçoter » pendant l’été et ce furent presque les seules lignes que j’ai vraiment lues. Pendant trois semaines mes yeux travaillèrent ailleurs et autrement, mon esprit s’en ressentit.

Liste de choses vues, regardées, observées, rêvées, déchiffrées :

-Dix portraits d’enfants entrepris pour ma série commencée à Epinay   mais dans un format différent,

-Des fourmis qui envahirent un temps la maison mais pour lesquelles j’imaginais une solution de sauvetage lorsque je les vis se noyer dans les pièges à guêpes fabriqués par C.,

-Le charme doucement bruissant au souffle du vent,

– Le ciel, bleu.

-Le vol du faucon en recherche d’une proie .

-Un corbeau solitaire passait chaque jour.

-Les tranches de couvertures  des folios et livres de poche de ma petite bibliothèque.

-Des murs à peindre de blanc.

-Les jeux et mimiques de notre petite fille

-Les grappes qui luttaient contre la sécheresse, la mort des framboisiers, le sol jaune safran et les vertes frondaisons de chênes : le Quercy cet été.

J’avais dans le train une revue et j’y découvris cette autre idée de lecture que je veux trouver pour C. Il l’aimera à cause de ses origines siciliennes : le roman de Giuseppe Grassonelli et Carmelo Sardo, Malerba.Vengeance et rédemption d’un criminel. G. Grassoneli est en prison pour meurtres et a tiré de sa vie un récit mené avec l’esprit de philosophe qu’il s’est forgé derrière les barreaux. L’interview d’Alexandre Lacroix dans  Philosophie révèle un type surprenant .

Evelyne de tous les livres que tu cites (Livre friandises pour l’été )  j’en ai lu quatre et de  certains auteurs d’autres titres. Vivement que je me remette en page. GHV