Livres friandises pour l’été.

galets

Certains attachent aux vacances, un gros roman historique ou une saga islandaise ou indienne ou  d’autres encore un grand roman comme Belle du seigneur ou bien relisent Balzac ou Proust et qui ne pourraient souffrir d’attendre davantage  à les faire entrer dans leur panthéon littéraire.

Je n’ai pas particulièrement d’attirance pour les très longs ou trop longs textes. Ceux des vacances sont pour moi ceux de la parenthèse, de la possibilité d’une apesanteur ou de l’absence rêvée de contraintes.

Petits livres, courts, brefs mais percutants et pas forcément récents. Bonbon ou petit bonheur fugace, petite réflexion .Pour des fatigues passagères ou pure paresse et l’envie de prendre son temps. Des vies majuscules ou minuscules vues au travers de calque ou en pleine lumière dans une écriture dépouillée, sobre ou au contraire, ciselée comme chez Quignard.

Paysages réels ou mentaux, ils m’ont tous plu, exaltée, adoucie, aidée, instruite ou interrogée mais ne m’ont jamais laissée indifférente.

Tous en poche : Folio, Point Seuil, Livre de Poche, 10/18, J’ai lu ou Arléa poche ou encore Petite bibliothèque Payot, une centaine de pages pour certains, cent cinquante pour d’autres ou à peine plus, recueils de nouvelles ou belles miniatures.

– La petite fille de Monsieur Linh  de Philippe Claudel. Histoire du vieux Chinois obligé de quitter son pays.

-Un lac immense et blanc de Michèle Lesbre. Une journée d’hiver où volètent des flocons de neige rappelant souvenirs et convoquant lieux et amis disparus, des vies croisés qui se superposent et tout cela grâce à un rendez-vous manqué. Je vous ai parlé de son dernier livre Chemins. Quelle écriture !

Pour un voyage immobile, très courts livres au souffle littéraire jubilatoire faisant partie des classiques mais à relire ou à découvrir:

-Anam   de Christophe Bataille. Je n’ai rien lu d’autre de cet auteur, peut-être n’a-t-il jamais plus écrit mais j’ai le souvenir d’une écriture au fort pouvoir d’évocation et dans le Vietnam du XVIII une petite communauté religieuse oubliée, abandonnée du reste du monde.

-Neige de Maxence Fermine. Un haïku à lui seul, un exercice de style. Jouissif.

-Soie d’Alessandro Baricco devenu culte mais on a pu passer à côté sans le voir, comme dit la chanson. Le temps suspendu, un moment de poésie et de magie, pour moi. Une histoire au fil de soie.

-Seule Venise de Claudie Galley. Venise en hiver où une jeune femme troublée par la rupture amoureuse est à la recherche d’un nouveau souffle. Un style dynamique. A lire aussi Les déferlantes.

-Noces de neige   de Joëlle Josse .Deux destins, deux époques et lieux différents : portraits croisés de femmes et une écriture propre à chacune.

Pour s’initier à la littérature japonaise ou pour s’y replonger avec délice:

-Le fusil de chasse de Yasushi Inoué grand classique passion impossible poche biblio.

-Les belles endormies de Yasunari Kawabata : Sensation pure, sereine de l’évocation de la mort, la solitude, l’amour.

-Le pont flottant des songes de Tanizaki Dans ses souvenirs, le narrateur ne parvient pas à distinguer les deux mères qu’il a eu et la relation fusionnelle et ambiguë qu’il eut avec elle. La féminité, le désir, une image du Japon traditionnel et une belle écriture. Du même, Le coupeur de roseaux ; Dans L’Eloge de l’ombre il aborde l’esthétisme traditionnel Japonais.

Dans un tout autre registre:

-Mon voisin de Milena Agus

-Femme de Porto Pim et autres histoires d’Antonio Tabucchi Petites histoires ou récits mais aussi Voyages et autres voyages ainsi que Petites équivoques sans importance. Mort il y a quelques années Italien mais son pays d’adoption étant le Portugal où il travailla .Bien de ses récits se situent à Lisbonne et il est entre autre un grand connaisseur de Pessoa. A découvrir ou relire. Je l’apprécie vraiment car il abonde en textes et récits courts mais percutants.

-La neige de St Pierre de Perutz, juif tchèque pendant l’ascension du nazisme, sorte de fable, sur le fil fragile entre raison et folie ou comment comprendre sa propre histoire. Quelle est donc la vérité ? Un récit qui tient en haleine

Du même, toujours dans le récit historique mâtiné de fantaisie Le cavalier Suédois Début XVIII ème siècle, en Silésie une histoire d’identité et de rencontre de deux personnages ; l’un qui a déserté et l’autre échappé à la pendaison, un jour d’hiver.  En tout cas, une très belle plume.

-L’amour est très surestimé de Brigitte Giraud. Onze nouvelles qui racontent la fin d’une histoire d’amour avec pudeur et une grande finesse psychologique disséquant les replis de nos cœurs.

-Les Vitamines du bonheur de Raymond Carver. Douze nouvelles d’un des auteurs américains les plus prolifiques de la seconde moitié du vingtième siècle. Dans le quotidien d’une Amérique des petites gens, une sorte d’instantanés photographiques, détresse et folie presque ordinaire d’individus ordinaires. Seront-ils entendus? Un univers clos, triste certes mais dosé d’humour noir.

-Sept ans de bonheur d’Etgar Keret .Il a résolument opté pour la vie avec autodérision et un humour corrosif. A chaque chapitre, une histoire, une tranche de vie. Portrait de la société Israélienne, chronique d’une vie quotidienne pas tout à fait ordinaire. Une amie qui me l’avait recommandé me disait que « …ce devrait être remboursé par la sécurité sociale ».Je viens de le refermer.

Pour voyager sans bouger et se dépayser un peu:

-Le gouverneur d’Antipodia de Jean- Luc Coatlem

-Trois Orients récits de voyage de Claudio Magris Rivage poche petite bibliothèque Contre les a priori et les clichés beaucoup de références littéraires et historiques

-Le Tar de mon père de Yasmina Ghata où est toute la question de la transmission. Etre la fille de Barbe Blanche n’est pas chose facile quand la malédiction s’en mêle. Le tout sur fond de la lancinante musique soufie. C’est aussi l’auteur de La nuit des calligraphes.

-La dormeuse de Naples d’Adrien Goetz. Une enquête littéraire et artistique.

Pour aller à la rencontre de deux écrivains en direct ou pas:

-Le déjeuner des bords de Loire de Philippe le Guillou. Son admiration pour le grand Julien Gracq, un récit touchant. Une rencontre chez lui à St Florent et la Loire, toujours présente.

Ailleurs où Le Clézio évoque dans un entretien, l’île Maurice, ses origines et le Mexique où il est le plus souvent.

Quelques bonbons pour la faim :

-Le nom sur le bout de la langue dePascal Quignard Un jour ordinaire, tout à coup le mot est perdu, il fait défaut. En Normandie, au Moyen âge une jeune fille a promis de retenir le nom d’un homme et un jour, pfft, elle ne retrouve plus ce nom et elle se désespère.

-Un souvenir indécent d’Augusta Izquierdo.Violent et indécent mais envoutant.

Et si vous trouvez que c’est un peu court, jetez vous sur ces deux romans lus il y a quelques étés et que j’avais beaucoup aimés :

-Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur de Sinon d’Harper Lee L’enfance d’une petite fille de huit ans dans les années 30 Alabama en pleine ségrégation. Humour et tendresse d’une enfance dont le papa va devoir défendre un noir.

– Un bonheur parfait de James Salter, deux auteurs Américains découverts trop tardivement en ce qui me concerne car très bons textes. Et rien d’autre  est le dernier roman de James Salter. L’aviateur devenu écrivain vient de mourir.

Et s’il faisait à nouveau très chaud…

Dans les forêts de Sibérie de Philippe Tesson.

Bonne lecture à vous!

ELB

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4 responses to “Livres friandises pour l’été.”

  1. languerand yolande says :

    Merci pour tous ces titres de livres. Je viens d’en choisir quelques uns pour cet été. Yolande

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  2. manh14 says :

    J’ai lu « Les Déferlantes » et j’ai trouvé ce livre trés bon. Un intrigue bien menée et des personages attachants. Surtout La Hague, telle que je la connais est bien présente…

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    • hyacinthe46 says :

      Le vent et la mer qui ont taraudé la côte ont fini par réunir ces êtres eux-mêmes bousculés par la vie. Les oiseaux, la pierre à sculpter et l’air du large ont fait le reste. Un bon roman, en effet.

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