Archive | mai 2015

Héros improbable.

Vers Epinay

Du train vers Epinay-Villetaneuse en début d’après-midi:gris.

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Ce jour…

apaiser

Une fois n’est pas coutume :deux articles aujourd’hui: mes dix minutes de croquis du jour et celui d’Evelyne(ELB) sur ce que relate la radio pour nos oreilles distraites.

https://trainsurtrainghv.com/2015/05/27/celle-qui-disait-avoir-juste-fait-le-boulot/

Bonne lecture..GHV

Celle qui disait avoir « juste fait (le) son boulot ».


cadreb

Ces voix qui continuent à nous parler. Ils sont quatre, à entrer aujourd’hui au Panthéon : deux hommes et deux femmes.

Pierre Brossolette, encore très jeune. Pour ne pas livrer ses camarades à la gestapo se défenestre. Je ne connais rien de lui si ce n’est qu’il était journaliste et que derrière la vitrine de sa librairie il préparait avec sa femme des actes de résistance.

Jean Zay, je m’y suis intéressée plus tard lorsque je me suis aperçue qu’il avait donné son nom à de nombreux collèges et foyers de l’Aide Sociale à l’Enfance.

Ce jeune ministre de l’Education pendant le front populaire a été traité par ses détracteurs de Ministre de la récréation parce qu’il avait introduit dans l’enseignement, la pratique du sport et les loisirs dirigés qu’il renomma Activités dirigées afin d’apaiser tant la critique était grande. Léo Lagrange présidait à l’organisation des loisirs. Cette demi-journée hebdomadaire pouvait âtre consacrée à une visite de musée comme à une promenade botanique. Il démocratisa la culture et est ainsi à l’origine des bibliobus. Il n’est pas à l’avant-garde mais très ouvert aux Arts. En réaction à la Mostra de Venise sous la houlette fasciste de Mussolini adoubé par Hitler, en 1939 il crée le Festival international de Cannes. C’était bien sûr un acte militant dictée par l’inquiétude de la montée du nazisme en Allemagne. Juif de surcroît, il subit bien des injustices en vrai républicain se voua à la défense de son pays, quittant le gouvernement pour s’engager dans la résistance. Il fut arrêté et emprisonné mais continue à réfléchir sur la réforme de la république qu’il est certain de servir à nouveau quand il est assassiné par la milice en juin 44.

Donc, quand j’allais en promenade au petit bois de chez Baquet- c’est ce qu’écrivait la maîtresse au tableau avant de partir-, ou faisais un dessin de ma grappe de raisin tout en bénéficiant d’une Leçon de choses, à la communale, je ne savais pas que je le devais à Jean Zay.

Les deux autres voix, celles des femmes sont celles de Germaine Tillion et Geneviève de Gaulle Anthonioz – toutes deux membres du réseau Musée de l’Homme- survivantes du camp de Ravensbrück n’ont, au cours de leur longue,  eu de cesse que de soulager, compatir et défendre la Justice et la Vérité. La seconde a, comme on le sait crée ATD quart monde devant la misère des bidonvilles des années cinquante et vous avez dû lire aussi La traversée de la nuit, il n’y a pas si longtemps.

Quant à la première, j’ai eu vent de son existence par Camus dès les premières lignes de présentation qu’il fit à Algérie, 1957 de G Tillion. C’était il y a bien longtemps et à la faveur de l’honneur suprême qui lui est rendu, je viens enfin de lire:

Le siècle de Germaine Tillion  sous la direction de  Tzvetan Todorov Seuil 2007.

Et quel siècle de bonne femme, bien rempli ! Je devrais dire grande dame majuscule. Mais celle pour qui « …la vérité et la justice comptent plus que l’intérêt politique » ne m’en voudrait pas, sans doute.

De l’Aurès à Ravensbrück et retour, sa préoccupation a été toujours la même.

C’est ainsi qu’elle s’inscrit dans ce siècle et combat au quotidien et jusqu’au bout pour les Droits de l’Homme. La question essentielle qui lui a fait dire avoir « juste fait son boulot ».

Je ne peux que vous recommander cet ouvrage, collecte de nombreux témoignages dont celui de Benjamin Stora entre autres sans oublier ceux qu’elle hébergea à St Mandé et aida à vivre- et d’une importante documentation et réflexion de G Tillion avec une interview de l’intéressée, inlassable chercheuse et conscience éclairée donc lucide.

ELB