Des mots venus d’ailleurs.

paysage sérigraphie

Chacun a, avec sa propre langue, une relation spécifique : intime, complexe, amoureuse ou difficile sans toutefois ne pas toujours savoir ce qu’elle doit aux autres grâce à ces allers et venues qui l’enrichissent.

Le parcours de l’exil pour certains, l’hégémonie ou domination lié à un nouvel apprentissage de la langue sont autant de circonstances qui la font évoluer. En résonnance avec la semaine de la francophonie, des mots toujours des mots rien que des mots qui disent, chantent, vivent et naviguent.

Dans le cadre de la semaine de la francophonie, le thème annoncé était les mots d’origine étrangère. Dix mots à trouver et vous en connaissez et en dites sans même vous en rendre compte, bien davantage. Pour ma part voilà ceux que j’ai retenus et je ne me suis pas assez contenue. Quels seraient les vôtres ?

En voici quelques exemples très usités  et pour certains assez inattendus :

Empruntés à l’anglais : challenge qui a été lui-même emprunté à l’ancien français chalenge : chicane, attaque.  Leader, planning, zoom, scoop,  discount mais emprunté au français descompte, décompte. Rien d’étonnant car  du XII au XV ème siècle, la cour anglaise parlait français. Il faut remonter à Guillaume le conquérant pour en trouver l’origine et comme on le sait, grâce aux mariages-alliances- plusieurs dames françaises s’y sont succédé. Un tiers de la langue anglaise serait d’origine française.

 Empruntés à l’espagnol: avocat, cigare, tornade, pirogue, chocolat.

Empruntés à l’allemand : nouille, valse, képi, calèche, beffroi,   kitsch, plexiglas, ozone.

Empruntés au portugais : acajou, commando, mangue.

Empruntés à l’italien : ortolan,  balcon,  solfège,  caprice,  diva,  concert,  valise.

Empruntés à l’arabe : jarre,  lilas,  tarif,  élixir, matelas, nénuphar, alcool, moka.

Empruntés au persan : pyjama, bazar.

Empruntés au russe : chapka,  pogrom,  refuznik,  intelligentsia.

Empruntés au norvégien : Ski,  iceberg, farter.

Empruntés au turc : turban, tulipe,  kiosque, kebab.

Empruntés au japonais : tsunami, manga,  bonsaï, ikebana, origami tofi.

Empruntés au hollandais : bière, pingouin, yatch.

Un mot comme alambic qui existe aussi en espagnol, alambique ou en portugais lambique ou encore en italien lambico, vient de l’arabe.

Au Vanuatu dont on parle, malheureusement beaucoup en ce moment, certains parlent encore français, signe du pouvoir que l’on y exerça. Le Clézio a écrit il y a quelques années Raga au Seuil, un beau témoignage de l’histoire de cet archipel et de la mémoire de ces peuple de l’eau d’un continent qu’il disait invisible parce qu’à fleur d’eau et disséminé.

Ainsi, au Vanuatu, le français, langue administrative surtout a survécu à l’indépendance. Les deux autres langues officielles sont l’anglais et le bichlamar, – la langue maternelle- presqu’exclusivement à l’oral et elle est, bien sûr majoritaire.

Il y a au total entre 110 et 120 langues sur cet archipel comme un collier d’îles, abandonné du monde.

En ce début d’année, l’écrivaine franco-algérienne, Assia Djerba est décédée. Elle était membre de l’Académie française et avait choisi de s’exprimer en français. Ce qui me fait penser à François Cheng qu’il faut lire ou relire et qui lui aussi a choisi la langue de l’exil ; il est aussi académicien.

La langue, un trésor ? « …le butin de guerre » comme la considérait Kateb Yacine, l’écrivain Algérien, car langue du colon et il sut l’utiliser et la faire vivre.

Un autre écrivain, la Sénégalaise, Aminata Sow Fall dit d’elle : « C’est une langue en partage ; nos diversités nous enrichissent ».

Je me demande souvent comment on vit sa langue maternelle en exil quand on ne l’entend pas.

Car, vous êtes d’accord, c’est bien un peu  notre maison.

ELB

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2 responses to “Des mots venus d’ailleurs.”

  1. trainsurtrainghv says :

    Un mot, un seul: l’igue de ma langue maternelle,le français Le mot régional a tout de même rejoint le Larousse. L’igue profonde, celle de tous les dangers telle celle de Barrierre située sur la commune de Miers . Sans l’avoir jamais vue J’imaginais qu’ y tombaient les voyageurs égarés, les chevaux affolés..vais-je retrouver un dessin approprié pour illustrer l’article du jour? GHV

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    • hyacinthe46 says :

      Eh oui, igue trouve son origine dans l’occitan ainsi que aven.Ils ont rejoint les dictionnaires grâce aux sciences qui les ont empruntés à l’occitan du Quercy et du Rouergue et l’origine serait même prélatine, nous dit le dictionnaire historique de la langue française Le Robert).
      Dans le même registre, géologique, il y a le mot cloup qui me plaît bien mais je ne crois pas qu’il figure dans les dictionnaires-excepté l’étymologique. Il désigne une doline.

      J’aime bien le dessin passerelle; c’est en tout cas, ce que j’y lis.

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