Archive | février 2015

Voyage.

26fev2015bisPetit croquis du jour vers Epinay Villetaneuse.

J’ai repris ce matin après quelques jours de repos  le train  depuis la  banlieue sur Paris vers mon lieu de travail, ma salle de prof., quelque chose à préparer pour lundi, pour avoir l’esprit tranquille. Dix heures: le wagon est surchargé..

Que m’apportent ces va-et vient ? Qu’est-ce que j’en attends mon crayon à la main et mon carnet sur les genoux ?

De retour d’Inde ou d’Afghanistan Nicolas Bouvier (L’usage du monde, Le poisson-scorpion) s’interroge sur ce que l’on (il) croit tenir- lavé, élimé, usé par les paysages, les visages, les rencontres- et répond: « ce vide que l’on porte en soi « . Avec sagesse.GHV.

L’Usage du monde 

L’Usage du monde(Article de l’Express.2004)

Il y a un an tout juste.

Ainsi va le jour.

les yeux posés Les fins de semaine sont propices aux lectures plus longues : je remets en ligne ce texte d’Evelyne écrit il y a tout juste un an…GHV Cri des mouettes sur mon chemin vers la station de métro, ce matin et un peu plus loin, près du kiosque à musique des trouées de bleu et de lumière rosée. Il va peut-être ne pas pleuvoir. Place Clichy, l’église de scientologie racole. Au programme, l’origine des pensées négatives, des comportements indésirables et du manque de confiance en soi. Tout ce qui plaît ou inquiète. Du pont métallique au-dessus des tombes, contre le mur du bâtiment surplombant le cimetière, un large bandeau publicitaire me fait sourire:« Du studio aux cinq pièces d’exception ». Je croise des Joggeurs, des personnes à vélos, d’autres avec leur poussette ou encore la trottinette: tout le monde, écouteurs aux oreilles. De toute couleur, les fils : le noir est le plus fréquent mais il y a aussi du blanc, du vert, du bleu clair et du rose fluo comme pour égayer le début de journée. Chacun se perfuse à sa dope préférée avant d’entamer la journée de travail. Visages fermés dans leurs pensées, d’autres ouverts et souriants. Au téléphone, un homme me croise que j’entends dire: « t’as l’impression d’être une mauvaise mère et que tu gères rien ; mais non pas du tout, je te rassure ». Parlait-il à sa fille, sa compagne, une amie. Et pourquoi pas à sa mère ? Dès huit heures trente ce matin, les conversations et les pensées étaient graves. Où en est la révolte du peuple Ukrainien à Maïdan ? Le haut des arbres tanguait et de ma place au second si j’avais continué à regarder le mouvement de ces arbres décharnés, j’aurais fini par avoir le mal de mer. Nous sommes loin des déferlantes, pas d’inquiétude. Les rameaux et fines branches noires et cassantes dessinaient un joli treillis en avant des façades des immeubles de l’autre côté de la rue. Ce qui faisait croire à un dessin au fusain. A la pause, le lacis tortueux des rues pavées m’a attirée et j’ai poussé jusqu’à la vigne St Vincent ; elle a été taillée et le jardin de biodiversité sort à peine de son sommeil. Comme une éponge, aujourd’hui, j’avale et je bois tout avec mes yeux, mes oreilles et du bruit dans la tête comme j’en soupçonne parfois chez les personnes croisées, parlant souvent seules. La voix, la nôtre propre nous aide parfois à nous rassembler à hauteur d’yeux et de cœur. Au retour, en face de l’hôpital Bretonneau, au dernier étage d’un immeuble, un saule pleureur dépouillé et trois merles qui l’occupent, surveillant le quartier. Il fait encore jour. Quelle sera la lune tout à l’heure ? Après la grosse lune ronde, celle qu’on dit pleine, d’il y a trois semaines, la lune, lame d’argent de la semaine dernière qui s’offrait en fauteuil à bascule puis déjà le dernier quartier qui arrive. Denise la jardinière sévit toujours chez les Blondes Ogresses. Comme ce sont les vacances, le spectacle pour enfants est annoncé : Les comtes givrés de la fée Grelotte. Elles me plaisent bien ses Blondes Ogresses…je ne vais pas tarder à leur rendre visite. Je finis de dévaler la rue Etex, légère. Je suis en vacances et m’abandonne un temps. Une courte halte dans le Lot et à Toulouse en bord de Garonne. Et à nouveau la lune aura retrouvé ses rondeurs. Elle sera nouvelle. Je la veux d’acier, à peine blanchie pour trouer le carreau de la chambre. C’est comme cela que je la préfère. Le grand café rouge, La Rotonde a ouvert son cercle d’hommes : en cette fin d’après-midi, une femme, deux femmes même, en train de parier face au grand écran. L’assemblée bouge et se diversifie. Et si elles gagnaient, que feraient-elles de leur gain. Il n’est pas certain qu’elles aient les mêmes envies. Dans le métro pour le dernier tronçon de mon trajet, plaquée contre la vitre comme aux heures de pointes, j’aperçois en face, sur le carrelage du quai, un affiche RATP Des lignes et des rimes ou Des rimes et des rames, concours de poésie mettant en avant la chanson de Nougaro : » Armstrong…je ne suis pas noir, je suis blanc de peau… et sa voix rouleuse de galets comme la Garonne, m’a réchauffée . Claude, tu m’as enchantée sur cette portion de la ligne treize saturée et pleine comme un œuf. Pour peu, nous nous serions crus ailleurs. Un petit air de printemps en réapparaissant à la surface et deux jeunes sur les allées qui dansent au rythme de leur slam, l’inquiétude, l’espoir et la vie en commun sans doute. ELB 21/02/2014 LIEN AVEC AINSI VA LE JOUR I LIEN AVEC AINSI VA LE JOUR II

Haïku du jour.

Ombre ou lumière

Dans le cerceau du temps

S’écoule le jour.

ELB