Ainsi va le jour. 15

hgrevechuteicare1               Paysage pour la chute d’Icare.Collage octbis08.

Sequins, brillants, strass, pampilles ou pendeloques irisées, ornements, colifichet à offrir, petit carnet à destination de secrets de petite fille, livre objet, bruyant papier de soie, sucre parfumé, atlas des cités perdues, des légumes oubliés, des recettes de grand-mère. Il y a pléthore de propositions ; en effet, grands ou petits livres de coloriage d’art thérapie, papiers anti-stress et papiers zen pour se lancer dans l’origami. Autant de moyens de se recentrer sur soi pour peut-être, mieux être présent à l’autre.

En cette période de fête de famille et parfois de retrouvailles, la poudre de biscuits roses met un joli voile sur ce temps arrêté.

Les cyprès trop court taillés dans le petit jardin ne me donnent plus l’illusion d’une forêt quand j’entre dans la cuisine. Ils ont été rabattus d’environ deux mètres cinquante. Au- dessus d’eux, il n’y avait que le ciel. A présent, à leur place : des toits mal faits, des négatifs de climatisations de petites entreprises, un immeuble sans charme. Alors pour compenser, quelques branches de sapin achetées chez le fleuriste du coin dans un vase d’Anduze et le salon embaume.

A côté dans le parc et sur la place, les arbres petit à petit se dénudent et l’or des ginkos a fondu comme cette lumière qui jour après jour s’est effacée et qui nous fuit pour ne nous gratifier à nouveau qu’à partir de huit heures, le matin. A la faveur de ces fins du jour, anticipées, sous le bonnet ou le chapeau, enroulés sous le foulard ou l’écharpe durant les rares jours de froid qui nous ont surpris, il était facile de s’imaginer auprès d’un feu. Le soir entre 17h et 18h, la nuit qui tombe dévore tout et nous fait disparaître. Puis chacun renaît dans son intérieur jusqu’au matin à 8 heures où la lumière lentement, redonne vie faisant le contour des nôtres.

Rêve de neige et de beau givre sur la campagne et depuis quelques jours, je songe à un matin de givre où le sol glacé et craquant sous nos pas recouvre l’allée du jardin. De beaux et gros paquets enrubannés, vides m’attendent; remplis de vœux, de rêves, de poésie pure.

Deuxième hiver sans neige. Je l’attends comme toujours avec l’impatience et l’excitation d’un enfant.

Je ne sais si le temps se rétrécit-c ’est l’impression qu’il me donne parfois- ou si c’est moi qui ralentit dans ma course folle à tel point que parfois, je me sens comme un cochon d’Inde en cage tournant sur sa roue. Et je me fais peur. C’est comme si j’effeuillais une éphéméride à toute vitesse. Cette année, a passé vite, une fois de plus ou plutôt comme les précédentes.

Il nous tire ou il nous pousse, le temps ? Qu’en pensez-vous ? C’est au moment où je me rends compte que je n’en ai pas eu-me semble-t-il- assez que je m’interroge. J’ai l’impression de l’avoir perdu et réalise alors que je n’ai pas eu mon compte de flânerie, de rêvasserie et la possibilité d’apprécier et comme suspendue,  ce moment de légèreté, presqu’en apesanteur cérébrale quand rien n’a de prise sur soi.

Où va donc le train dans lequel nous sommes ? Qu’est devenue notre quête du bonheur ? Faudrait-il empêcher certains d’oser l’espérer. Dans les brumes lointaines, on voit poindre et l’on aperçoit bien des îles et des pays que l’on croit magiques mais qui vont cependant à la dérive.

Je demande un temps mort, et même un temps de sédimentation.

En temps réel, cela veut dire quoi ?   Et en temps limité, comme un devoir sur table mais le temps est toujours limité. Et si j’étais à contre temps non pour le tuer, ce temps, car je n’ai pas souvenir de m’être ennuyée, jamais ; enfin, je crois et j’en ai tout du moins le sentiment. L’emploi du temps, voilà ce à quoi il nous faut réfléchir. Qu’ai-je matérialisé ? A quel moment ai-je pris conscience de prendre du bon temps.

La meilleure façon de le vivre, c’est de le conjuguer au présent, le temps. Pas toujours aussi simple.

Le retour des voyageurs et leur enthousiasme, la vie avec celle d’un bébé fraîchement arrivé nous l’indique. La vie, la vie, la vie ! Et si on l’avait oublié, 1, 2, 3  ont suivi jusqu’au tout dernier chez Huguette.

Il y a presqu’une semaine, quartier Europe entre St Lazare et Place de Clichy – J’avais oublié que je ne travaillais pas le lundi matin- j’en profite donc pour flâner justement! Mais il est vrai qu’une partie de mon cerveau parti dans le mouchoir ne m’a pas laissée toute ma tête. Comme dans un musée à ciel ouvert inépuisable, je me suis donc laissée conduire où mes pas le voulaient ou presque.

Rue de Milan, de Liège puis la rue d’Amsterdam passant devant l’Herboristerie dite de la place de Clichy qui se trouve donc dans cette rue. La plus ancienne herboristerie de la capitale.

J’entre .Le décor et l’ambiance y sont feutrés avec des étagères au bois patiné et remplies de sachets en papier blanc pleins de plantes feuilles ou fleurs et quelques corbeilles avec fleurs séchées aux couleurs d’immortelles. Je tente une potion pour venir à bout de rhumes et bronchites à répétition.

Un peu plus loin au hasard de ma déambulation, rue Cardinal- Lemercier, petite rue ou plutôt impasse cossue, inattendue,  au fond, une fontaine tarabiscotée ….et l’hôtel particulier dit Judic du nom d’une chanteuse d’opérette Anna Judic. En me renseignant un peu, je découvre que l’architecte, Jacques Drevet a été fortement inspiré par l’Egypte et l’orient en général. Fer forgé, sculptures, on reconnait le style. Les vitraux de cette deuxième moitié du XIX ème sont de Charles de Champigneulle.

Je me félicite de cette balade entre XVII ème, VIII ème et IX ème arrondissements quand, poursuivantu hasard, je rencontre une connaissance perdue de vue depuis quelques années : Epiphanie, la Béninoise. Nous nous embrassons, si heureuses de cette rencontre fortuite et échangeons à nouveau nos numéros de téléphone.

– Il est vraiment très sociable.

J’avais imaginé qu’on parlait d’un enfant ou d’un adulte mais pas d’un chien. C’est ce que j’entends, ce soir en rentrant sur les allées, au niveau du théâtre, la tête enfouie dans mon blouson sous ma grosse écharpe tentant de donner moins de prise au vent pour préserver mes sinus.

Un chien, un tout petit chien protégé par un petit manteau écossais tandis que sa maîtresse, qu’il tire à l’autre bout de la laisse est vêtue d’une cape pieds de poule. Sociable.

Sociable ! Il n’en est pas de même pour ces barbares qui au nom d’un Dieu dévoyé, jouent les ogres et bien pire en abattant froidement plus d’une centaine d’enfants ou d’adolescents. Après les jeunes filles séquestrées par Boko Haram. Le Pakistan qui avait abrité Ben Laden venait à pas feutrés et demi-mots de sous-entendre qu’il reconnaissait peut-être sa politique du double discours. Mais ce pays n’est pas le seul à avoir engendré ou laissé prospérer à son insu ( ?) cette hydre tentaculaire. Il faudrait remonter aux partitions et découpages arbitraires des cartes de cette région qui comme d’autres, nous incombent un peu. Le terrorisme généralisé et son grand nettoyage continuent et nous n’avons pas de solution mais y en a-t-il ?

Au café cet après-midi, avec Victoria, évoqué l’annonce simultanée de Barak Obama et Raoul Castro et comme la plupart des Cubains, sceptique n’ose penser à une réelle ouverture et démocratisation car aucun engagement concret n’est pris. Il faut attendre.

En traversant le pont métallique, hier matin, au-dessus du cimetière de Montmartre j’ai aperçu sur un caveau, alignés comme des santons, quatre petits Père Noël qui m’ont fait sourire et attendrie.

En redescendant, le soir, j’ai revu le café rouge de la Rotonde qui a reçu de nouvelles machines pour jouer avec plus d’efficacité, je suppose, au PMU et comme je l’ai remarqué il y a peu de temps, les jeunes y sont plus nombreux ; la fréquentation est en train de changer et le tiercé fait bien recette auprès des femmes et des jeunes. Les hommes n’en n’ont plus l’exclusivité. Signe des temps et pas forcément bon signe.

L’avenue de St Ouen et celle de Clichy étaient luisantes de pluie sous les réverbères, renvoyant des touches tremblotantes de rouge, de jaune de bleu et de vert criards et festifs.

ELB

Revoir le texte et les treize précédents  Page Ansi va le jour

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