Archive | juillet 2014

L’atelier, suite.

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Des monotypes à la gouache donc…et le thème de la « Conversation ». Les propositions de la petite plaque de verre varient entre l’abstraction et le narratif.

J’ai découvert le 14 juillet au vide-grenier de Padirac une publication de Bailly sur Montaigne de 1942 . De quoi réfléchir sur la conversation justement, avec les autres, avec soi,se découvrir …GHV

Le Lot, l’atelier

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D’abord il a plu. Et puis le soleil,insolent. Et le ciel très bleu.

Il a fallu réinvestir l’atelier. la soupente sent encore le neuf mais le bois de chêne aussi. Je regarde les toiles, les chassis à monter, je dégage le plan de la table, inspecte le papier;  je range, je déchire…Pour me mettre le fusil à la patte ,à la gouache une cinquantaine de monotypes de tout petit format; 15 sur 10. Parce que j’ai gardé au mur une « Conversation » je décline le sujet. Quelques visages aussi que je retouche à peine et d’autres plus empâtés, des « Nature’…GHV

Ainsi va le jour. 11

Je vais quitter pour un temps la rue, le pavé, l’air pollué, les immeubles, les ciels brouillés, les Blondes Ogresses, le café rouge, la place, le métro, l’agitation et le bruit. La pluie et le soleil mêlés après quelques jours suffocants nous ont fait du bien et aux jardins aussi.

Je refais ma liste, celle des vacances. Que ranger dans la valise ? Qu’emmener ? Et surtout, ne pas oublier, ceci ou cela…

La liste de ce que je voudrais faire ou de ce que je voudrais voir et elle est sans fin. Je la connais par cœur et pourtant, immanquablement, il me faut l’écrire encore une fois. C’est à peu de choses près, presque toujours la même. Mais à chaque fois que je la réécris, s’ajoute une kyrielle de promesses de l’été et du temps des vacances quand la lumière vive bouscule le matin et me pousse à aller dehors au plus vite.

Quelques amis, de la famille à voir puis quelques balades, une petite brocante que je ne fais jamais. Faire un tour dans un village que je n’ai plus revu depuis mes vingt ans ou à peu près.

Lire quelques livres, revenir dans le même bois, celui des Majoux. Me mettre à l’entrée, lui tourner le dos et penchant la tête en arrière, regarder le haut des arbres puis les nuages qui me donnent le tournis, me redresser pour voir les herbes hautes émaillées de fleurs soufflées par le vent.

Si c’est le matin, écouter le chant des oiseaux que je ne sais reconnaître mais qui m’émeut toujours autant. Les écouter aussi dans les bambous derrière la maison, chez ma mère.
Refaire avec elle le chemin au moins une fois et le matin de préférence ; celui que nous suivions enfants dans les herbes, la fougère ou les genêts selon la saison. La menthe sauvage et le cresson à fleur d’eau, je ne les vois plus.

Boire un verre sous un tilleul ou un platane sur une petite place ou dans un jardin et en bonne compagnie.
Passer des après-midi joyeuses, gourmandes et bavardes avec des amis ou de la famille.
Partir un, deux jours et revoir ou découvrir un lieu et revenir de plus belle.
Rester tard le soir à observer le ciel étoilé puisque ce coin du Lot se trouve dans le fameux triangle noir : celui où le ciel brille de sa couleur naturelle sans pollution lumineuse.

Mais cette année, s’ajoute à la liste deux nouvelles intentions : amener Huguette chez Jacques, le sculpteur sur pierre et chercher un bout de verdure pour y planter un jour la cabane.

J’espère que j’aurai le temps d’aller Au chemin de lune, petit restaurant du côté de Gourdon, repris par des Clichois. Le nom tiendra-t-il sa promesse ?

J’avais oublié… Aller voir le village de Larnagol qui me fait rêver, tant les sonorités de ce mot semblent d’un autre temps et d’un autre monde. Que fait-on là-bas ? Qu’y voit-on ?

Et puis bien sûr, la surprise car il y en a toujours, le visible, le prévisible d’accord mais l’imprévisible, l’invisible, sujet à toute conjecture et tout rêve ?

Ce peut être une lecture, une découverte, une rencontre comme un ciel à la Magritte qui remplit les vides en ouvrant la fenêtre tant j’ai l’impression de le boire ou de l’aspirer plutôt. Tout ce qui est inattendu et incongru sera le bienvenu et puis en étant devant la fenêtre ouverte, on a l’impression d’échapper au-dedans.
On peut même méditer, penser, s’évader, rêver en ayant la sensation d’être une enfant qui a grandi mais déchiffre encore le monde, à nouveau. C’est plutôt reposant de regarder le ciel et de se laisser embarquer, vous ne trouvez pas ?.

Mais avant…je me laisserai caresser quelques jours par la brise qui ne manquera pas de passer à Sète où durant quatre jours, dans le cadre du festival Voix vives de méditerranée en méditerranée, entre amies, nous serons en pause poétique.

Et puis je rentrerai, me disant derrière la vitre du train embuée par mes yeux, qu’il me faut y revenir au plus vite car j’ai tout juste satisfait le début de ma liste.

Comme autant de petites joies, avec curiosité et fantaisie, je vous souhaite le plus doux des étés.

Adieu à mes Blondes Ogresses, le temps d’un été.

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ELB