Journée ordinaire.

enfants

Paris.Belle journée de mars, lumineuse à souhait. Mercredi de croquis,  puisque j’emmenais une de mes classes pour une matinée , d’abord gare de l’est devant la toile Le départ des poilus d’ Albert Herter , puis au square Willemin à quelques mètres de là. » De l’humain  » leur avais-je annoncé et puis la nature…. De quoi se questionner.

Le temps a passé fait d’ instants minuscules, comme autant d’étincelles . Quelques  rencontres éphémères,   des mots captés,  les enfants   à entendre, à guider ou comprendre , parfois réconforter…  A peine étaient-ils   assis  devant la toile et occupés sur le sujet  voilà qu’arrive  un agent de la sécurité:  prière de dégager le marquage au sol réservé aux mal-voyants mais  notre homme repart pour nous chercher de la documentation. Un voyageur en attente de son train vient nous parler du thème, de l’enthousiasme des soldats partant la fleur au fusil, du premier mort : un Peugeot . Presque suréaliste, improbable,  le passage et la conversation de notre inspecteur (entendez inspecteur de l’éducation nationnale).Il s’arrête et bavarde, échange et  explique à deux dessinateurs la figure du jeune  homme au centre , le fils du peintre mort au combat, repart vers son métro. Nous sommes là quatre adultes, le « maitre », Robert, les deux stagiaires qui s’inquiètent d’en voir certains dépassés par les  notions d’échelle et d’agrandissement.

Au square le gardien a fait les beaux-arts , abandonné  le rêve d’être architecte, fait neuf ans d’armée et pratique l’aquarelle. Il donnera ces conseils à quelques uns . Les enfants  le carton à dessin sur les genoux volaient aux arbres , à la ligne d’horizon derrière la passerelle de l’Hôtel du nord aux parterres en fleurs, aux colonnes  de la gloriette quelques notions de perspective , de formes , de vie . Sur le retour  vers onze heures trente les trottoirs brillent  au soleil . Pas de verdure encore au faite des platanes  et l’ombre des seuls troncs sur le macadam.

Dans le train du retour  mes propres croquis et ces deux fillettes qui dévorent leur sandwitch ce qui réavive  ma propre fringale.

L’après midi a à peine suffi pour  remettre sur les rayonnages repeints de frais les livres empilés depuis deux jours sur le sol du bureau et du séjour .Vers cinq heures j’ai emporté deux livres et les ai déposés sur les bancs en bas de ma rue. J’avais écrit :Bonne lecture.

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Le départ des poilus.AlbertHerter.1926. L:12m . H:5m

                                                                                                                         Le peintre s’est représenté à droite, un bouquet à la main, sa femme tout à gauche en blanc , les mains jointes pleure le fils qu’elle ne reverra pas. C’est Everit ,au centre , la fleur au fusil.  GHV

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About trainsurtrainghv

Le blog initié pour extraire de leurs carnets mes croquis du train (GHV:banlieue, quotidien, voyage petit, paroles singulières), prend corps avec les mots d'Evelyne (ELB: déambulations parisiennes et banlieusardes, sensations et constats et depuis peu retour sur le Lot). La palette de notre enfance quercynoise nous autorise ce regard particulier sur le monde citadin et banlieusard et sur la vie en province. GHV

One response to “Journée ordinaire.”

  1. croquedessin says :

    J’adore la manière dont tu croques les attitudes des personnages, on dirait qu’ils ont peur qu’on leur prenne leurs sandwich ! :

    J'aime

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