Ainsi va le jour.4

gingko1Porte de Clichy, ce matin, les grues se croisent dans le ciel tout au-dessus des toits hérissés de ces petites cheminées , rondes et de brique ajoutant de la couleur au ciel bien peu dégagé, aujourd’hui.
Telles des crayons jouant du graphisme, ces grues mettent une touche de bleu par ci, une autre de rouge par-là, du jaune et même du vert ou encore du gris métal, ailleurs. J’en compte au moins une dizaine aux Batignolles : un ensemble de meccano qui toujours me ravit.
On dirait des échelles . Elles me permettent un court instant d’aller plus haut et cela me distrait de la tension plus que palpable, dans le bus.

Puis satisfaction, jouissance de l’œil, même, de voir du dernier étage de mon lieu de travail, quelque dôme, tourelle ou clocheton coiffés de zinc et un fugace reflet dans la vitre d’une sorte de fenêtre en saillie sorte de véranda à l’anglaise pour ne pas dire bow-window. Elle laisse supposer un nid douillet où une tasse fumante, laisse rêveur l’occupant au front appuyé contre le paysage urbain. Plus loin, dans la brume des cheminées industrielles, une tour, un chauffage urbain puis au premier plan- car il faut bien revenir à ses devoirs, un immeuble étroit et très haut avec un pin sur le toit en terrasse.

A la pause, au hasard des rues pavées, je me retrouve rue St Vincent et vais jusqu’à la vigne de Montmartre. Une traînée de brume flotte encore sur quelques toits ; le jour va peut-être s’éclairer et si ce n’était le cas, tant pis! J’ai aperçu derrière les grilles du parc avant de partir, ce matin, l’or des ginkgos biloba.
Les mots arrivent sans prévenir et les images avec, sans en avoir le moindre contrôle. Camille et Nicolas sont partis pour leur tour du monde ; je pense à eux, le cœur secoué comme une pomme par le vent et la pluie de novembre mais ravie pour ce long périple riche sans nul doute de rencontres et de découvertes.
A la librairie L’attrape Cœurs, j’achète Le Carnet d’or de Doris Lessing dont je n’ai rien lu. Je vais combler cette lacune. Le moment est venu.

En repartant cet après-midi, descendant la rue Caulaincourt vers la place de Clichy, les érables du cimetière de Montmartre illuminent le ciel, leur cime dépassant du pont métallique passant au-dessus des tombes. Des édicules, des petites chapelles émergent à ma gauche sur le relief du cimetière. Des graffiti de couleurs délavées se fondent dans le vert bronze de ce pont routier au treillis métallique si attachant.

L’agitation de la ville, le bruit de la rue, et sous mes pas, entre les arbres, le silence des morts.

ELB

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One response to “Ainsi va le jour.4”

  1. de Lépinay Françoise says :

    Moi aussi j’ai vue des grues, et j’ai pensée à toi, mais ce n’étaient pas les même!!!!!

    J'aime

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