Archive | novembre 2013

Le soleil pour passerelle.

Un rayon de soleil froid s’égare sur une des étagères de ma petite bibliothèque, disparait puis y revient, qui attire mon attention.

J’avais failli l’oublier ! Et en cette fin d’année du centenaire de la naissance d’Albert Camus et pour en finir puisque tout a été dit, écrit, analysé, décortiqué et même parfois, récupéré, je ne veux m’attacher qu’à ce livre car le dernier –excepté Le premier homme mais on ne le savait pas encore- et parce que c’est le Camus poète qu’on retrouve.
Incompris ou contesté et jugé sur ses positions dites morales, il a refusé tous les dogmes ; exigeant, honnête et lucide, il est résolument contre la pensée unique, la doxa.

Il s’agit ici de La postérité du soleil. Et il renferme l’unique texte que René Char ait écrit pour Camus ; c’est dire son importance.
Ces deux-là se rencontrent dans un contexte d’après-guerre sur le texte de Caligula (la démesure qui conduit à l’absurde, au meurtre), en 1946 près de L’Ile sur la Sorgue. C’est l’engagement résistant dans le maquis, pour Char et celui du journaliste dans la clandestinité à Combat –pour Camus, qui les a rapprochés. Ce dernier avait édité Les feuillets d’Hypnos, recueil poétique de Char résistant.
Sentant ce qu’ils ont en commun, ils peuvent faire un peu de chemin ensemble et ils vont même créer la revue Empédocle dans laquelle ils vont publier Julien Gracq.

Un besoin irrépressible de lumière dont ils sont en quête permanente, des racines communes de pensée et d’action et puis … le Lubéron offre le soleil, la nature .Ils deviennent amis. Comme dans Noces, s’agissant de Tipasa, Camus aurait-t-il peut-être pu dire parlant de Lourmarin «… au printemps, L…est habité par les dieux et les dieux parlent dans le soleil ». « Le paysage comme l’amitié, est notre rivière souterraine. Paysage sans pays » écrira Char.
Henriette Grindat, photographe suisse, découvre la Provence avec Char dont elle est amie avant de poursuivre son voyage de l’autre côté de la Méditerranée avec Camus. Tout comme Char, il aime ses clichés.

Un projet commun naît en 1952 .Le choix des photos est fait par Camus qui écrit de courts textes en regard de celles-ci. Char écrit la postface-après la mort de Camus à l’édition de 1965, témoignage de leur amitié. Très émouvant, lyrique -et on ne savait pas ce que nous réservait le premier homme en la matière .Encore plus touchant lorsque l’on sait que Camus ne l’a jamais vu, édité.

Il avait dit à Char : « Faites, René, que ce livre existe ». Il est mené à son terme lorsque Camus va mourir. Malgré les difficultés nombreuses à l’éditer il finit par exister grâce à un éditeur Genevois en 1965. Evoquant la solitude de l’artiste, dans une lettre à son ami Char, Camus écrit: « … Il faut bien s’appuyer sur l’ami quand il sait et comprend et marche lui-même du même pas. »Une réelle et tendre amitié les réunit et leur correspondance 1946-1959 l’atteste. Ils avaient l’un pour l’autre une véritable admiration.

Gallimard réédite La postérité du soleil, dans la Blanche, en 2009 dans un format original et tellement tentant. Je n’avais pu y résister, à l’époque. C’est aussi une occasion de découvrir -henriette-grindat.html »>http://www.rts.ch/archives/tv/information/madame-tv/3468422-henriette-grindat.html et ses photos noir et blanc qui ont su capter la lumière, le vent, la pierre, l’eau, l’arbre hirsute ou le visage.

m>La postérité du soleil Albert Camus – René Char – Henriette Grindat, Gallimard (collection Blanche) 2009.

ELB

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J’ai croisé son regard.

mendiant.

 

J’ai croisé son regard. Hier au retour…Un homme mendie. Je sens: l’odeur d’une cave humide, la paroi de l’abri d’un pont; du fer la rouille et du gravier le relent de mouillé et de poussière mêlés.GHV

 

Un croquis et quelques photos

aaa.

Croquis du jour et photos d’hier…(Voir article Germaine Richier et les enfants)