Lampedusa, Lampedusa, Lampedu, lam…

les vagues

 

Lampedusa, une énième fois et forcément une de trop, encore.

Lampedusa, c’était devenu banal ; régulièrement les ondes au petit matin diffusaient ce nom aux consonances exotiques et douces, à priori. C’était devenu une habitude : elles s’égrenaient et pour peu qu’on y prenne garde elles nous auraient bercés. Elles auraient pu nous endormir peut-être. Cette fois-ci le naufrage est terrible parce que le nombre de morts est plus important et il nous inonde de douleur .Il nous renvoie à notre indifférence, notre indécence, notre indignité.
Est-on clandestin quand on arrive dans un pays en quittant le sien parce qu’en guerre, ou livré à la famine ou encore dévasté par un tsunami ou un cyclone ?

Mais que ferions-nous donc à leur place ?
Quel autre choix ont-ils ? Lorsque l’on n’a plus rien à perdre si ce n’est la vie, laquelle est devenue insupportable, et qu’on y croit encore, on veut essayer de la raccrocher.

La goutte d’eau que représentent ces immigrés dans l’océan européen, la corruption et l’évasion fiscale suppléeraient largement à ce que l’on voudrait nous présenter comme ce qui serait un manque pour les autres c’est-à-dire pour nous mieux lotis, pour nous, le reste de cet océan que nous sommes.
Une goutte qui nous mettrait en péril! Cette goutte suffirait donc à nous déstabiliser ?
Devenus frileux, de quoi avons-nous peur ? De nous-mêmes. Et si un jour, cela m’arrivait ? Non, ce n’est pas possible ; alors, je l’exclus de mes pensées, de ma vue même.
Est-il possible d’être devenu invisible pour l’autre, de n’avoir pas de nom, pas de visage, pas de cœur parce que sans papiers ? Est-il possible de n’être pas reconnu par son semblable parce que sans travail et sans domicile ? Qui pourrait croire que l’on quitte son pays si l’on s’y trouve bien ?
Si les pays d’où ils viennent ne permettent pas à ces candidats à l’immigration, de vivre décemment, d’être protégés, devons-nous pour autant les refuser, les tenir à distance. On a envers eux quelques devoirs ou dettes, peut-être.

Depuis que la parole s’est libérée et que tout un chacun, ou presque, a admis que l’on ne pouvait accueillir toute la misère du monde ; J’ai le sentiment que l’expression même, nous aurait décomplexés .Elle coupe désormais cours à toute discussion sur le sujet. C’est réglé : il n’y a pas de solution. Ou bien si… la gestion des flux migratoires mais peut-on gérer l’humain comme on gère du matériel ?

La petite île de pêcheurs d’anchois et d’éponges est tristement connue pour engloutir tout espoir de vie meilleure. Parmi les survivants, combien vont-être expulsés ? Les morts, le sont déjà.

ELB

Étiquettes : , , , , , , ,

Trackbacks / Pingbacks

  1. Lampedusa, Lampedusa, Lampedu, lam… | trainsurtrainghv - 8 octobre 2013

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :