Archive | septembre 2013

Embarcation immédiate.

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On nous avait prédit un grand soleil et un couvercle gris planait au-dessus de nous.
Heureusement certains dimanches sont pleins de surprises et d’inattendu.

Ce soir, la compagnie du Vieil or de la dernière syllabe qui réside à Clichy-la-Garenne nous a diffusés, pendant presque deux heures, une lumière toute orientale dans un décor minimal et efficace.

Un piano, une voix lyrique et le liseur qui prête sa voix à un Pierre Loti en habit d’officier de marine prêt à nous embarquer.

La lecture, tantôt rapide tantôt lascive entre les coussins et à l’abri d’une tente imaginaire ou à l’ombre d’un temple était notre corne de brume. Quelques tapis, un coffre coloré, quatre étoffes pour habiller un lutrin et suggérer le lieu évoqué.
Le mirage est total, l’illusion réelle : nous y sommes. Le Maroc et ses belles du désert, captives, la voix du muezzin, le souk puis Jérusalem, l’Inde avec les danses et les cris des enfants et enfin la Chine.

Rien d’Istanbul à laquelle sans doute, tout le monde s’attendait tant la maison de Rochefort avec son salon Turc nous a attaché l’auteur à cette ville.
Ce sont des récits effectués entre 1884 à 1918 que la main de la pianiste inscrit sur une ardoise qui semble suspendue entre ciel et terre comme pour nous enchanter et mieux nous inscrire dans le voyage.

Magique évocation d’un orient romantique et parfois chimérique où la musique de Ravel, Fauré, Berlioz et la littérature s’entremêlent avec délicatesse et bonheur.

ELB

La colère d’un enfant.

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Paris. Remonter la rue de l’Aqueduc vers la gare du Nord.  C’ était vendredi en fin d’après-midi. Scène improbable sur le pont qui enjambe les voies vers la gare de l’Est : de longues jambes dans le blanc mousseux de la robe  et un corps de déesse que scénarisent  les piliers de métal . Le  photographe (le compagnon?) essaie de faire oublier son appareil et s’active avec gêne . Gris le  ciel …

Est-ce colère ou agacement ou honte chez l’enfant que je n’ai remarqué qu’après l’avoir dépassé.?

Depuis vendredi quelques croquis dans le carnet sur le sujet: tous sont  trop appliqués, trop vagues, déséquilibrés, légers puis affectés, ou encore trop sombres , pas assez blancs, Cet après-midi j’ai pris sur la banquette du train un numéro oublié du Canard Enchainé et de Mougey le caricaturiste j’ adopte le coup de ciseaux autour des silhouettes.

Trouver des fonds plus clairs… Sentir les piliers, la hargne du corps crispé, Inverser….Dommage; pas d’appareil photo sous la main et le scanner écrase les feuilles, supprime la légèreté des ombres. GHV.

Fête de la pleine lune

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C’est la pleine lune et les bouddhistes ont coutume au soir du quinzième jour du huitième mois de l’année, sur l’autel où est placée une image de Bouddha, d’offrir aux ancêtres un gâteau de lune et bien d’autres choses.

Sur la place, en fin d’après-midi, j’ai retrouvé Linda, Laotienne qui me dit :
-Aujourd’hui j’ai fait les offrandes.

Comme je la connais depuis à peu près deux ans-c ’est peu- à chaque fois je suis surprise mais réalise très vite de quoi il s’agit comme si d’une fête à l’autre j’avais oublié qu’elle était bouddhiste.

Et pour elle, aujourd’hui ce n’est pas le 19 septembre mais le 15 août qui marque la mi- automne, m’a-t-elle expliqué. La plupart des jours d’offrandes sont les 1er et 15ème jours de certains mois. Et comme l’un de ses parents est vietnamien, même si les fêtes de l’Asie du sud-est sont sensiblement les mêmes, tous ayant été indochinois, ils ont fait leur cette fête, au départ chinoise.

Ce matin, elle a acheté un pomelo, un gâteau de lune trouvé à Paris car à Clichy, il n’y en a pas, des fleurs et elle a rempli de thé frais une coupelle prévue à cet effet. Elle a ajouté sur l’autel un pot contenant une grande variété d’encens.
Avec le nouvel an et la fête des morts, celle de la pleine lune semblent être les plus importantes pour elle et sa famille. C’est, en tout cas, celles qu’ils célèbrent.
Pas de loup- garou, encore moins de vampires, que de la rondeur et de la douceur dans ces gâteaux de lune, ronds et décorés.

Malheureusement, les nuages du ciel parisien ne m’ont pas permis, ce soir, de voir la pleine lune.

ELB