Archive | mai 2013

Haïku du jour.


Un grand silence

En repassant par le parc

Cols verts sur la mare.

ELB

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Un parmi 7 133 570 318.

connu

Ceux qui prennent le train à des heures régulières connaissent bien cela: le rythme des trajets est ponctué par la reconnaissance de têtes connues. L’adolescent que j’ai croqué ce matin, sans pouvoir lui donner de nom, je peux le situer sur Montmagny pour l’avoir vu saluer en voisin  un de mes amis. Je l’ai remarqué pendant des années accompagné de son père dont  je sais, toujours par l’ami en question le métier . Je me souviens les avoir croqué, les deux, il y a quelques années;  Le père n’est plus là. L’enfant a grandi et ce matin sur le trajet qui le conduit vers quelque lycée parisien il sort rapidement son travail . La vitre lui sert d’appui, peut-être de table lumineuse. Sur ses genoux il termine ou rectifie quelque devoir…  7 133 570 318 : c’est à ce jour le décompte (croyions-le) de la population mondiale dont lui, dont vous!!! GHV

Ainsi va le jour.1

Sept heures et demi, ce matin devant moi sur mon trajet quotidien, elle bougonne et semble rechigner à poursuivre l’argumentation.

– Anna, tu m’écoutes? Tu crois que Dieu nous a créés pour travailler en banlieue ?
Demande aux malades qui souffrent et qui sont condamnés s’ils sont protégés par Dieu !
Et tous deux : lui, entre deux âges et elle, grande belle jeune-fille perchée sur ses talons hauts passent la porte de l’hôpital.

Décidemment, j’ai eu raison de changer de côté.
Ce soir, un long ruban blanc de judokas en herbe qui glissent avec leur trottinette sur la piste cyclable et arrivent devant la porte du gymnase. Quelle belle et joyeuse ribambelle !
Quand j’entends deux grands gaillards :
-Je travaille les trapèzes ce soir, et demain, je ferai les pecs.
-T’as raison, moi aussi. Les pecs, ça plaît aux filles.

L’air est doux et je le laisse m’envelopper et me bercer un peu. Le printemps s’égare.
A l’entrée du parc, le bleu et le jaune des iris m’attirent et le vert de l’herbe troué de pâquerettes m’intimide presque.
Le printemps se serait-il égaré ?

Au bout de l’allée, une jeune fille, sur un banc, à l’air triste ou désabusé . Un jeune homme se tient debout qui lui tient tête :
– T’as plus le choix : faut assumer.
Derrière eux, une sculpture de pierre, La terre endormie. Une femme nue, allongée et pudique aux yeux mi-clos. Qu’en pense-t-elle?

Le turbulent printemps, aujourd’hui, dialoguait, réveillait, agaçait, excitait, apaisait, berçait.
A chacun son printemps. Celui d’Aragon ?

« Notre printemps, c’est d’être ensemble ».

Sur ma fenêtre, les plans de capucines ont pris deux centimètres.

ELB