Archive | avril 2013

lettre aux jeunes du CMJ d’Epinay sur Seine.

A propos du débat organisé par le CMJ d’Epinay sur Seine du jeudi 18 avril 2013 . Le thème : « vivre ensemble »

D’un côté le public (jeunes et moins jeunes) , de l’autre  les notables ,  ça m’amuse de les nommer ainsi, et Chico au centre ,micro en main pour gérer.

CMJ : conseil municipal pour la jeunesse.

A vous…

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       Parce que je dessinais , mon attention était affaiblie et donc voici ce que j’ai perçu   : il s’agissait du « vivre ensemble » mais autour où à partir du noyau jeunesse. Avec des sujets illustrés par des films ou reportages,dont la citoyenneté, les rapports avec l’autorité, la police (Aïe, ça fait mal mais c’est dit et je sais, j’ai vu parfois!) , les distractions, les occupations, le travail, les études, l’avenir , les manques, les rapports avec les anciens, entre communautés. « Epinay sur Seine reste une ville de banlieue communautaire » fait remarquer un éducateur .

     Ambiance plus que correcte .  Rien à voir avec un débat récent à l’assemblée nationale !

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             Je pense à ma propre jeunesse.  Etais-je  aussi impliquée ? Autre décor, la province, la campagne. Autres habitudes, autres besoins. Solitude, choc de la découverte de la ville, du pensionnat,contacts aussi avec la famille, les autres, les enseignants, l’autorité  acceptée ou non, les plans d’études qui capotent) .Se débrouiller seule, le hasard fait beaucoup de choses, on m’aide aussi . Citoyenneté, engagement : nous étions sensibilisés à l’autodiscipline, bien grand mot mais ça marchait en apparence et ça économisait des surveillants au lycée. On nous obligeait à voir ailleurs : « vous réclamez, n’abusez pas : il y a moins nantis que vous . Apprenez à partagez ce que vous avez… ». Ca n’a pas fait de moi une grande altruiste.   L’impression que l’on nous voulait adaptés au moule. Je n’avais pas les clés pour comprendre le monde. Je ne les ai toujours pas.

            Les plus jeunes avez peu parlé, sinon entre vous,  laissant cela à vos ainés, plus habitués.

            Je réfléchis…Vos parents ont pris des décisions, se sont installés à Epinay.  Pour eux ça va bien, ça va mal, c’est selon: ils ont des regrets ou des satisfactions. Vous, vous  êtes la génération que rien ne devrait distinguer du reste de la jeunesse du pays. Jeunes, un point c’est tout. Vous savez cela, mais il y a pas mal de sable dans les rouages. Alors le mieux c’est de ne  pas vous faire oublier et d’être acteurs

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Face à vous donc « les notables », les acteurs,(comme vous) , les responsables, ( comme vous ).. Et ce représentant des ainés qui  vit mal le manque de civilité. « Pensez qu’il s’agit de vos grands –parents ! Pensons que vous êtes comme nos petits-enfants» . Certes , mais pensons nous aussi , adultes déjà emplis de  vie, à votre jeunesse, à votre énergie. Et soyons attentifs. Apportons regard, exigence, chaleur, sévérité, goût du dialogue, de la culture. L’essentiel est dans le coeur  et peut  se passer de livres . Le livre est un bon cheval pour transporter ce qu’il y a à comprendre du cœur.

Donc je vous regarde . Et oui Epinay est communautaire. Est-ce vous qui continuerez en pensant à « votre voisin  » et non à votre « voisin juif » ou « blanc » ou « arabe » ou «  pakistanais.  »? Libre à vous , à nous,d’apprécier ou non l’homme, mais pas à cause de sa couleur de peau.

Et oui il est important que certains s’impliquent. Ne rêvez pas : tous ne le ferons pas .Question  de pourcentage.

Et oui vous avez participé à  ce débat et plus que bien des adultes ce soir là. On vous y a invité et vous avez répondu…Comme quoi vous entendez.De ce que vous pouvez entreprendre rien n’est facile, mais c’est faisable.  Et si j’ai bien compris  vivre ensemble.

Au fait, à propos de cela, « vivre ensemble », où étaient les filles ?

N’oubliez pas de m’inviter pour vos prochains débats. J’en parlerai autour de moi.

Cordialement.

Huguette Galante.

Ps: la question que je me pose souvent au sujet de mes propres enfants c’est « que leur transmettre?

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Exil.

 

rêvepaysage

 

J’ai toujours cru que c’était un rêve mais la disposition à la rêverie et aux pérégrinations un peu désinvoltes laissent entrevoir parfois des choses méconnues, ou perdues.
Les rails à fleur d’eau on peut entendre en bruit de fond comme une voix grommeleuse qui pourrait être celle d’une vieille radio ou d’une télévision en sourdine.
C’est arrivé la nuit, c’était peut-être un rêve. Cela permet l’économie de mots. Les images sont plus fortes ; pas besoin de recherche de soi, des origines.

Les rideaux vaporeux aux couleurs criardes bougeaient devant chaque porte. La brise chargée de sable les bousculait. J’entendais parler une langue inconnue, volée sans doute puis retrouvée. Je ne connaissais pas de telles sonorités et n’en avais pas même soupçonné l’existence. Elles étaient mélodieuses : tantôt chuintantes, tantôt soufflantes, toujours souples et légères.
Je la voyais, cette langue, en couleurs, jaune orangé sable avec du bleu dans ses silences. Le soir, elle se faisait plaintive et langoureuse.
J’étais loin de tout et ne voyais rien au-delà des dunes qu’éclairait une lune blanche.

J’aurais voulu une boîte aux lettres au bout du chemin , quelques nouvelles de temps en temps, une promenade dans l’espace et le temps, plus encore la visite d’un ami et surtout le rythme des saisons : sentir le frémissement de l’air et ses pauses.
Entendre la pluie devenait une obsession. L’entendre tambouriner sur les iris m’importait plus que tout. Cela sert à ça, les matins de printemps, aux rencontres. Je me cognais au paysage mais la lumière n’était déjà plus tout à fait la même que celle de l’instant d’avant l’instant, et l’instant ne cessait de bouger.
Et cependant la nuit vînt et d’un coup, le désert s’arrêta aux frontières de mon rêve. Indiscutable, absolu et douloureux comme un amour déçu.
Je n’étais plus que désert, sécheresse, vent brûlant et tout ce qu’il caressait et effleurait.

Drôle de voyage !

ELB

Du matin et du soir.

Du matin:

JEUDI18AVRILcroquis avant de prendre le train dans la salle d’attente de la gare d’Epinay -Villetaneuse et ensuite dans le train: l’homme psalmodie sa lecture coranique, la jeune femme lit un livre de prière, le troisième perdu dans ses pensées

Le soir:

zdébat3vivre la vie de son quartier, réunion dans la salle de la MTD. Invitée par Chico, mais que ce petit monde est dur à dessiner!  (Être anonyme et oubliée dans un train me convient davantage). Beaucoup de jeunes et même très jeunes; j’en reparle avec un texte spécial dimanche. GHV