Parenthèse.

Oh, Je croyais que vous dormiez !

Pas reliée du tout à la toile, ces derniers jours .A cause d’une défaillance technique et avec la complaisance de pieds trop lourds et douloureux, j’ai versé, comme toujours avec délice, dans la poésie du quotidien, hors du fracas du monde.
Et nous ne sommes pas en reste : elle est partout, la poésie. Trop souvent, on l’oublie. On oublie aussi de lever le nez à moins que… l’on soit à l’étage ou dans un bus à étage ou sur un échafaudage.
De ma fenêtre, j’ai observé depuis le 26 mars deux pies, deux pies urbaines.
Entre deux flâneries, je les regardais, sur le platane devant ma fenêtre, qui s’affairaient à construire leur nid. Elles n’y viennent pas tous les jours mais presque et encore, au mitan du jour, surtout le samedi et le dimanche . Peu importe l’heure. Il y a moins d’agitation et elles y sont plus assidues. A jouer les majorettes, bâton ou plutôt brindille dans le bec au lieu que dans les mains, elles montrent une ardeur et une habileté virevoltantes.
Quand soudain l’une d’elles ayant fait tomber la brindille, descend la ramasser et la remonte; tout s’est passé dans un souffle Tellement leur occupation rappelle celle des hommes, on en oublie leurs ailes. Inlassables, elles trient, coupent, cassent, classent, tressent chacune à leur tour quand elles ne vont pas chercher un meilleur atout sur l’un des platanes de l’autre demi-cercle de la place.
Les voir ainsi, tirailler dans tous les sens, puis couper du bec une brindille aux branches les plus jeunes est un plaisir, une grâce inédite. Mieux que des funambules, à plus de sept mètres du sol, elles bâtissent et, sans échafaudage.
Je n’ai pas tout compris à leurs allées et venues et si leur périmètre d’action, était limité. Mais quel ballet ! Je me suis demandé si dans les autres platanes qu’elles visitent aussi, elles faisaient nid pour d’autres couples de leur tribu.
Pie bavarde ou pie voleuse ou les deux, je ne saurais le dire, en tout cas, pie architecte.

A les regarder faire, on croirait assister à une partie de mikado. En même temps que reposant, c’était un spectacle des plus instructifs. J’ai donc ainsi volé d’arbre en arbre, légère comme la plume.

ELB

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One response to “Parenthèse.”

  1. trainsurtrainghv says :

    Tu sais combien j’envie le carreau derrière lequel tu épies les pies, et la pièce qu’il éclaire et l’appartement tout entier…Ici aussi elles s’activent. Mais j’ai une tendresse particulière pour les corneilles et les corbeaux …Je t’expliquerai ça un jour.GHV

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