Francophonie 3/6

Francophonie 3/6

Le Québec

 

francophonie2 001

Sans remonter au XVI siècle, la Belle Province à partir des années 1960 et de la modernisation du Québec n’a eu de cesse d’endiguer le processus d’assimilation et se sentant peut-être-car c’est le cas- éloigné des autres pays francophones (Sur 100 francophones, on compte 91 Européens, 82 Français et 7 Québécois), a besoin d’affirmer cette identité linguistique .Les différents gouvernements ont, chacun à leur tour légiféré ; la question de la langue est très sensible.
Pour une histoire détaillée de la langue française au Québec, je vous renvoie au site suivant : ww.tlfq.ulaval.ca/axl/francophonie/histfrqc_s4_modernisation.htm/
dont je vous donne quelques extraits : « …toute l’histoire de la langue française du Québec montre un incessant combat pour assurer la survie du peuple francophone de la seule province française du Canada. La langue et le peuple sont tellement imbriqués l’un dans l’autre qu’il est impossible de parler des Québécois sans parler de leur langue… »
Il y a deux français : le standard et le québécois.
…le français standard est la langue officielle du Québec. C’est celle du gouvernement québécois et du gouvernement fédéral. Tous les textes officiels sont rédigés dans ce français standard. C’est aussi ce français qui est la langue de travail des fonctionnaires, des écoles, des universités, des médias, des conférences, des débats, des maisons d’édition, des événements officiels, des autorités religieuses, des organismes culturels, des grandes entreprises, des sociétés publiques, etc. Le français standard est aussi la langue du patrimoine littéraire commun avec les autres littératures de la francophonie…
Et plus loin…dans les faits, les termes du français standards et les termes du français québécois sont en concurrence : maïs / blé d’Inde, haricot / fève, aspirateur / balayeuse, dépanneuse / towing, robinet / champlure, pneu / tire, poêle / cuisinière électrique, réfrigérateur / frigidaire, etc…. Dans certaines situations orales formelles et toujours à l’écrit, les Québécois s’identifient avant tout au français standard, mais, il faut l’avouer, pas du tout au «parler pointu» des Français. Peu de Québécois seraient prêts à sacrifier l’une des deux formes de français. Pour des raisons différentes, ils tiennent aux deux. Ils parlent tous en québécois et écrivent tous en français ».
…Comme pour tous les autres francophones du monde, ils ignorent qu’ils emploient des mots d’origine germanique, grecque, italienne, espagnole, etc. …. Quoi qu’il en soit, les Québécois ne s’exprimeront jamais comme les Français, pas plus qu’un Wallon parlera comme un Parisien ou un Sénégalais comme un Haïtien…
…. le Québec continuera inévitablement d’évoluer dans un environnement continental fortement marqué par la présence de l’anglais. Ce constat fait partie du destin du Québec et il vaut mieux apprendre à composer avec cette réalité que de la nier »

Expressions québécoises :

-En allant magasiner, j’ai beaucoup placoté et je suis tombée en amour de mon nouveau chum ; Je lui ai fait plein de becs. Chum : amoureux, bec : bisou.

-En rentrant très tard, je suis entrée chez le dépanneur pour acheter de la crème glacée au sirop d’érable. Dépanneur, c’est l’épicerie ouverte toute la nuit.

-Avoir les yeux dans l’eau : les larmes aux yeux
-Manger ses lacets de bottines : stresser
-Sirop de poteau : mauvais sirop d’érable
-Quelques jurons (relatifs à la religion):
-Tabarnake ! Vient de tabernacle
-Batinse : baptême
-Viarge : vierge

Quelques écrivains et lectures possibles :
Antonine Maillet qui eut un grand succès pour un de ses premiers romans qui eut le prix Goncourt.
Pélagie La Charrette Grasset 1979 On redécouvrait un peu ce parler écrit, imagé de la Belle Province.
Au XVIII siècle, Pélagie, esclave en Géorgie et chassée par les Anglais décide de rejoindre son Acadie natale : années de misère, errance de l’exil .La vie de Pélagie nous entraine dans l’histoire d’un peuple.

Suivirent-pour n’en citer que trois-
L’Oursiade 1991 Le temps me dure Actes Sud 2004
Fais confiance à la mer, elle te portera Essai Leméac 2010 la genèse de son écriture.

Réjean Ducharme est un écrivain, scénariste et sculpteur québécois né en 1941. Depuis plusieurs décennies, l’artiste ne fait aucune apparition publique. À peine deux photos de lui existent, et seules quelques rarissimes lettres aux quotidiens ont été publiées, au début de sa carrière.
L’avalée des avalés, Gallimard 1966 qui le consacre comme un des grands écrivains québécois de sa génération La publication de la première œuvre d’un écrivain de ce calibre par un éditeur français –Gallimard- sème la zizanie en ces temps de nationalisme québécois exacerbé.

Le nez qui voque 1967
Va savoir 1994
L’hiver de force 1985
Gros mots 2001 Tout est en folio
Il pratique énormément les jeux de mots et en invente ; il utilise aussi les jurons.
Il tresse la langue, la presse et lui fait rendre jus à tel point qu’un essai paru en 2004, en fait l’éloge :
La fabrique de la langue : de Rabelais à Réjean Ducharme Points essai.

Réjean Ducharme a écrit quelques chansons du répertoire de Robert Charlebois, tels Mon pays (ce n’est pas un pays c’est une job), Heureux en amour et Le Violent seul (chu tanné).

Nancy Huston est Canadienne, née à Calgary en 1953 dans une famille anglophone. Elle a vécu aux États-Unis (à Boston et New York), puis à Paris, pour étudier. Elle s’est attachée à la langue française et à la capitale où elle vit toujours. C’est au lycée que Huston découvre le français et quelques années plus tard, c’est cette langue qui lui servira de refuge par le biais de l’écriture. Elle l’évoque souvent dans les entretiens. Elle joue avec les sons, les tons de ses deux langues. Elle joue également de plusieurs instruments ; elle a donc l’oreille musicale ce qui ne doit pas être étranger à l’apprentissage des langues.

Elle a six ans quand sa mère part pour refaire sa vie ailleurs. Nancy Huston fait de ce traumatisme une richesse : «Le lien que j’avais, petite, avec ma mère était un lien d’absence, exclusivement nourri d’imaginaire et d’évocations à travers ses lettres, ses mots. C’est en écrivant qu’elle tente de comprendre.
La Virevolte (1994) et Prodige : polyphonie (1999 traitent de cela.

Les variations Goldberg 1981 Actes Sud, écrit directement en français. Une claveciniste, Liliane Kulainn invite trente personnes qu’elle connait et qu’elle aime, à venir l’écouter jouer les Variations Goldberg dans sa chambre. Trente personnes avec qui elle a envie de partager ce moment. Chaque personne va avoir une façon différente de le vivre entre intimité et exhibition, un chapitre par invité donnant le regard de celui-ci sur le concert et sa relation à la musicienne. Un tableau, en soi. Trente chapitres, autant que de variations de Bach (30 ou 32 ?).

Cantique des plaines Actes Sud 1993 est plusieurs fois refusé ; elle décide de le réécrire entièrement en anglais avant de le traduire elle-même. Depuis, elle utilise cette technique de double écriture. Les deux langues cohabitent. Dans la pratique, cela veut dire qu’elle écrit d’abord dans une langue et ensuite reprend le chapitre ou le texte entier et l’adapte dans l’autre langue. Elle va jusqu’à présenter les deux langues en vis-à-vis, soulignant l’importance de ce dédoublement.
Le thème de ce roman est la disparition programmée et le massacre des Indiens. C’est le temps raconté : la narratrice reçoit en héritage un manuscrit inachevé de son grand-père. C’est donc un va-et -vient entre le « je » de Paula et le « tu » absent du grand-père, Paddon .C’est l’occasion pour la narratrice petite- fille de retracer la vie de la famille sur quatre générations.
Enfant, son grand-père, outre les contes classiques lui parlait des Amérindiens du Canada et lui a transmis cette honte éprouvée au traitement qui leur avait été fait. On est de bout en bout captivé.

Lire aussi l’histoire de quatre générations, remontant jusqu’à la faille initiale, le traumatisme:
Lignes de faille Actes Sud 2006

Instrument des ténèbres 1996 (Goncourt des lycéens)
Une Américaine, écrivain, décide de retracer le parcours de jumeaux orphelins nés au XVIIIe siècle. Peu à peu, la vie de la narratrice rejoint l’histoire qu’elle a entrepris de raconter…
C’est un peu long mais il est difficile de faire moins.

Denise Bombardier, née 18 1941 à Montréal est une prestigieuse encore controversé journaliste , romancière , essayiste , productrice et personnalité médiatique qui a travaillé pour la télévision de langue française station de Radio-Canada depuis plus de 30 ans.
Elle a défendu bec et ongles la femme et pratique de la langue française. Fort tempérament, elle sait aussi utiliser un langage fleuri.
Elle est réputée pour son français standard .Elle est un défenseur de la communauté internationale Francophonie et a souvent été invité par Bernard Pivot de la situation de la langue française en France .
Elle a aussi écrit pour Dion et l’a suivie en tournée (eh oui…).

A suivre

ELB
Merci à Geneviève pour la plupart des expressions.

Étiquettes : , , , ,

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :