Francophonie 1/6

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La vie des mots continue.

Avec deux jours de retard, je prends le train de la francophonie pour vous proposer quelques expressions ou proverbes de deux pays francophones par jour et le nom de deux écrivains ou plus selon le cas, de langue française des pays concernés avec en référence quelques lectures possibles.
Beaucoup plus officiellement, la Semaine de la langue française et de la Francophonie, du 16 au 24 mars 2013, est placée sous le signe du désir de français. Avec dix mots « semés au loin », dix mots passés les uns en anglais, les autres en russe, en italien, en espagnol ou dans d’autres langues encore : « atelier », « bouquet », « cachet », « coup de foudre », « équipe », « protéger », « savoir-faire », « unique », « vis-à-vis » et « voilà ».
Ces dix mots ont été choisis par la Délégation générale à la langue française et aux langues de France et ses partenaires francophones, en association avec l’Institut français, chargé de la promotion de la Semaine de la langue française et de la Francophonie auprès du réseau culturel français à l’étranger. Le site : http://www.dismoidixmots.culture.fr/ . Voilà qui est dit.

Plus modestement, la Francophonie, c’est plus de 70 pays ou gouvernements et hors des pays francophones, il y a des régions francophones comme : la Louisiane, Guernesey, Jersey, la Vallée d’Aoste.
« C’est une langue en partage ; nos diversités nous enrichissent « dit Aminata Sow Fall, écrivaine sénégalaise. C’est plus simple.

La francophonie appartient aux étrangers, c’est la langue apprise de gré ou de force avec plaisir ou déplaisir. Au bout du compte, me disent mes amis d’Afrique du Nord au d’Afrique subsaharienne et d’ailleurs, c’est une richesse la double culture et notamment la langue.
Yacine Kateb, écrivain Algérien disait que c’était « le butin de guerre ».En tout cas, un trésor toujours bien vivant.
Nombre d’écrivains, de chercheurs et de penseurs ont choisi le Français pour s’exprimer et c’est à ceux-là que la semaine de la francophonie rend hommage. Deux d’entre eux sont même entrés à l’Académie française depuis quelques années : Assia Djebar et François Cheng.

Tahar Ben Jelloum, Siham Benchekroun, poétesse (Maroc) Kateb Yacine, Yasmina Khadra, Rachid Moumini, Mohammed Dib, Rachid Boudjedra, Mouloud Feraoun (Algérie), Robert Solé, , Albert Cossery (Egypte), Salah Stétié, André Chédid, Amin Maalouf ( Liban) pour les pays du Magrehb, Nahal Tajadod (Iran) Aimé Césaire, Patrick Chamoiseau, Edouard Glissant pour les Antilles, Dany Laferrière, René Depestre pour Haïti, Nancy Huston pour le Canada, Alain Mabanckou (Gabon), Aminata Sow Fall (Sénégal), Ousmane Diarra (Mali) sans oublier le monument qu’était Amadou Hampaté Ba dont un jeune rappeur admiratif a pris le nom, Pia Petersen(Danemark) et David Van Reybrouck (Belgique) pour en citer quelques-uns.

La Francophonie, c’est l’espace de ceux-ci et des autres aussi: ceux qui n’écrivent pas mais qui parlent, qui chantent et comme on le sait, la langue bouge, se faufile, vagabonde et mutine .Elle se remodèle, s’enrichit, se déride. Imposée le plus souvent à l’époque coloniale, elle a été malaxée, triturée, utilisée comme arme et une richesse à renvoyer à l’ancien colonisateur comme l’a fait Kateb Yacine. Elle crée et invente, donne jour à des mots, des expressions nouvelles. On s’en aperçoit très rapidement en lisant les auteurs africains et Antillais car ils sont les plus nombreux. C’est aussi vrai pour les autres. Du coup, elle se métisse aussi à l’oral comme à l’écrit et donne naissance à des pidgins. Ce sont tous ces pidgins (à partir de l’Anglais au départ) ou différents créoles (à partir du français ou d’autres langues) aux Antilles, à la Réunion, en Nouvelle-Calédonie qui ont retravaillé, retissé cette langue.

Comme disait, il y a déjà longtemps, l’écrivain français Jacques Laurent parlant de cette dernière dans Le Français en cage : « …comme si elle était morte. Je la veux vivante, je la veux vivace. » Il disait en substance, qu’entre les maniaques de la langue et les laxistes, il y avait un espace de liberté, créatif et joyeux.
Un Grand Prix de la Francophonie est décerné chaque année. En 2010, c’est le philosophe et écrivain Iranien Daryush Shayegan qui l’a obtenu; en 2012 il a été remis à un écrivain Malgache, Michèle Rakotoson et en 2011 à un écrivain Marocain, Abdellatif Laâbi.

Les expressions ou proverbes Algériennes:

-Nékwa ? Ce qui veut dire : Ton nom, c’est quoi ? C’était la question posée par l’occupant à l’autochtone. L’interrogation escamotée car mal comprise au départ, est restée et on s’en amuse même.
-J’achète tipana khobz : j’achète un petit pain.
-Quima aam el bon ! Comme à l’époque des bons ! Qui se dit à quelqu’un qui vous donne quelque chose en petite quantité. Cette expression fait référence à l’époque coloniale lors de la distribution de vivres qui était réglementée par des bons.
-Toi, tes pieds commencent à sortir du panier (tu prends du grade).
-Quand fleurira le sel (quand les poules auront des dents).

Quelques écrivains Algériens et lectures (et toutes en poche)

Kateb Yacine écrivain militant dans les années 50, avec son Nedjma fait évènement en 1957. Symbole d’Algérie, Nedjma est l’histoire d’une génération qui a vécu les massacres de mai 1945. La révolution et l’amour, ces thèmes favoris. Kateb Yacine, militant anticolonialiste, a voulu traduire l’identité et les aspirations profondes de son peuple.

Assia Djebar ou l’engagement au féminin qui se soucie des enfants, de la famille. –La femme sans sépulture2002,
Femmes d’Alger dans leur appartement 1980,
le blanc de l’Algérie, récit 1996,
Nulle part dans la maison de mon père 2007.

Mouloud Ferraoun le fils du pauvre 1950 qui est devenu un classique .Cet écrivain a participé à plusieurs revues et écrit trop peu car assassiné en 1962, quelques jours avant le cessez- le- feu.

Yasmina Khadra, plus proche de nous qui a abandonné son pseudonyme écrit — –Morituri, 1997 premier roman.
– et L’imposture des mots en 2002. A ces dates-là, il a révélé sa véritable identité, lui l’ancien militaire qui parle d’intolérance et s’exprime sur l’incompréhension, le malentendu et la mauvaise volonté évidente entre l’Occident et l’Orient. On ne peut s’empêcher de penser à L’étranger de Camus surtout dans Les hirondelles de Kaboul 2002. Le soleil est aussi omniprésent.Il ne manque pas de dénoncer le fanatisme et fait toujours preuve d’une grande humanité.
Un de ces derniers livres-Ce que le jour doit à la nuit -a fait l’objet d’un film. Il s’agit de l’histoire d’un petit garçon, Younes, élevé au milieu de jeunes blancs et qui oublierait presque ses racines.

A suivre

ELB

Merci à Fathia et Khadidja pour toutes ces expressions

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3 responses to “Francophonie 1/6”

  1. hyacinthe46 says :

    Avec plaisir GHV!
    ELB

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  2. trainsurtrainghv says :

    je connais un Samir qui sera heureux de reconnaitre les auteurs qu’il m’a conseillés…Si j’ai bien compris je dois prévoir 5 autres dessins?!

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