Lettre à Rachid Santaki

rachid santaky

Rachid

Pendant que vous, Rachid, vous collez des affiches dans la nuit je lis votre livre. Je viens de le refermer après avoir lu les douze pages des noms de ceux que vous remerciez ! Je le lis motivée par la rencontre récente au Café-Débat d’Epinay sur Seine organisée par Chico et  pour avoir perçu un homme qui met au service des siens une énergie optimiste et rayonnante.

Pourtant le livre (un policier) est noir. Un policier noir donc .Quoique…

J’y suis rentrée inconsciemment au rythme du rap. Les mots déboulent, les phrases scandent la mesure et bousculent. Il faut que le lecteur s’accroche au rythme : les mots sont justes et simples. La formule percutante est adaptée  surtout lorsqu’il  s’agit de  planter de manière minimaliste le décor , Saint-Denis.(Merci du lexique à la Camilleri pour les non initiés au verlan .) Des verbes d’action en pagaille pour mettre en scène des humains (des gosses effarés, des adultes désemparés, la vieille génération quasiment décimée) traqués, bousillés, en permanence sur le qui-vive. Les verbes aussi  des sens en alerte : voir, toucher, sentir, entendre et éprouver pour exprimer la peur, l’espérance, le désespoir, le manque de confiance, la vie mais quelle vie ? Et des personnages, des humains, il y en a : les frangins, l es pères, les flics , les caïds , les potes, l’amoureuse, les camés, les voisins, l’avocat, ceux de la boxe, les tagueurs, les grands frères…O n devine justement en  vous le jugement du grand-frère  dans ce« jeunesse gâchée » que vous accolez à l’ombre de Claudia qui revient comme un leitmotiv de chapitre en chapitre. Et tous avec la musique…

Je n’en dirai pas plus sur la manière  car je suis loin d’être experte en polards.

Mais c’est sur vous que je veux attirer l’attention. Rachid vous collez des affiches : sur les balustrades de chantier, les murs de nos parkings. Chaque matin on en découvre de nouvelles. Vous voulez qu’on lise vos livres et vous avez une intention, « une démarche » auprès des jeunes, de ceux-là même que vous décrivez dans des situations extrêmes mais  nous n’aurons pas l’innocence de croire qu’elles sont fictives. Vous remettez comme l’on dit les pendules à l’heure . Aux jeunes -et je comprends que dans l’urgence vous  vous adressiez en priorité  à ceux de nos banlieue mais tous  devraient entendre cette voix-  vous voulez  donner une conscience.

Puissent-ils vous lire !

Cordialement.

Huguette Galante

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About trainsurtrainghv

Le blog initié pour extraire de leurs carnets mes croquis du train (GHV:banlieue, quotidien, voyage petit, paroles singulières), prend corps avec les mots d'Evelyne (ELB: déambulations parisiennes et banlieusardes, sensations et constats et depuis peu retour sur le Lot). La palette de notre enfance quercynoise nous autorise ce regard particulier sur le monde citadin et banlieusard et sur la vie en province. GHV

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