Archive | mars 2013

Haïku du jour


Ce soir de printemps

on peut cacher une heure

Où et dans quel trou?

ELB

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Le bavard…

hgconteurbrive

Monsieur, vous avez un livre à écrire!

Vous l’ignoriez mais c’est ce que me laissait comprendre la conversation que vous teniez avec votre voisin dans le train qui démarrait de Brive vers St Denis les Martel et  plus loin vers Gramat ce jour de septembre 2011.  Conversation ? Non : plutôt monologue ou soliloque . Il faisait beau et chaud  et tout en parlant, vite et haut, vous m’observiez. Vous me regardiez prendre des notes et de ce fait je devenais l’interlocutrice privilégiée.

Et cette histoire ferait vraiment un  livre excellent qui mettrait en scène cette femme rigide, froide et rare, la Germaine qui tenait l’hôtel d’Aubrac et dont vous faisiez le portrait. Vous étiez  entré là comme apprenti  en cuisine, un gamin , le travail sept jours sur sept. Une vie occupée mais d’ennui , de solitude, de chagrin, avec les corvées de cuivre , les conserves à préparer, les nettoyages durant les longues périodes de neige puis aux beaux jours les personnes célèbres qui descendaient des belles déesses escortées par des motards pour s’attabler là dans ce presque désert :  le président Auriol,  le préfet, des députés, plus tard Valérie Giscard d’Estaing photographié dans la grande salle mangeant la cuisse de la dinde préparée par  elle au pied-levé. Mais surtout la guerre, les allemands, sa déportation (il ne sait pourquoi) et à son retour la récupération de la vaisselle qu’elle avait cachée, l’anecdote des crêpes et des louis d’or, et encore la chaine et la médaille de la vierge en or aussi qu’elle lui avait données  avant qu’il n’aille passer son permis, et le don de provisions dont elle avait rempli son coffre un jour qu’il rentrait chez sa mère: les gendarmes les arrêteraient lui et son frère. Elle les dédouanerait, elle connaissait tant de monde. Il y avait eu aussi ces habitudes  de province : les volaillers qui après les foires lui apportaient leurs invendus et à nouveau le travail pour lui jusqu’à l’épuisement car elle leur prenait tout sans compter…Une vie d’embrouilles, de fausses déclarations, et aussi une mainmise autoritaire sur la famille, les fils. Une sorte de tribu pas très nette.. .Il avait été question aussi d’un sanatorium, d’une école de « neige », d’une colonie de vacances dont l’inauguration aurait provoquée la venue de VGDE …Puis l’hôtel qui brûle…la fin d’un règne.

Une trentaine de minutes et ma main qui courait, courait pour ne rien oublier, en abrégé parfois et maintenant la lecture des notes est confuse. A Saint  Denis les Martels  avant de descendre vous m’avez dit : « j’espère que vous vendrez mon dessin ».GHV .

Les jonquilles.

lesjonquilles

Madame,

Vous aviez sûrement vous aussi ressenti dès ce matin cette lumière particulière qui nous faisait penser « enfin le printemps! » . Dans la journée vous aviez eu l’opportunité  d’acheter-ou de vous faire offrir -cette lumineuse cueillette. J’ai dessiné votre sac débordant de  jonquilles alors qu’en réalité il les cachait. Mais chaque voyageur en rejoignant une place plongeait son regard dans cette brassée généreuse, délicate et fragile alors que de vos deux mains étrangement réunies sur le téléphone vous poursuiviez une conversation …

Le croquis du matin révélait  pour la première fois sur le visage d’un passager la luminosité qui destitue  l’hiver. GHV.

PS: merci à ceux qui nous lisent et nous partagent.!