« J’ai mal aux pieds, les deux »

« Je peux pu aller en bas le pré ; j’ai mal aux pieds les deux. »

C’est le parler vosgien que défend entre autres Pierre Pelot, écrivain dans sa « vosgitude »   extrême.
Vous ne me suivez pas…il y a pourtant un lien avec l’origine, la nôtre. En collaboration avec Yves Coppens, paléontologue, il a écrit une saga en cinq tomes intitulée : Le rêve de Lucy,  roman qui se passe bien sûr à la préhistoire-référence à notre célèbre australopithèque mais il y en aurait d’autres…- je me souviens la performance qui m’avait subjuguée quant à l’évocation de la notion de distance que pouvait avoir le presqu’homo sapiens et la subtilité avec laquelle il suggérait  la naissance  du sentiment amoureux et celui de l’attachement. Sans compter qu’il avait, d’après tous les éléments donnés par Coppens, élaboré une espèce de pré langage épatant et cela fonctionnait à merveille. On s’y croyait.

Sous le vent du monde, le premier tome relate cela.

De l’Origine du monde de Courbet aux pieds manquants, au passage à la position debout de notre ancêtre, il n’y a qu’un pas que j’ai franchi sans encombre.

Pelot est avant tout quelqu’un qui aime les histoires et qui sait les raconter. Une touchante, celle de Marie. Elle est l’occasion pour l’auteur d’évoquer la fin des usines de tissage dans les Vosges. Autre propos, celui là, plein d’élucubrations : L’ange étrange et Marie Mc Do. Il a joué sur tous les registres. Au départ,  il a été connu par la science-fiction.
De la forêt vosgienne au Western, il passe partout. Anticonformiste, méfiant à l’égard de l’Institution en général, il ne manque pas d’humour et de cocasserie. Loup des Vosges atypique, extrêmement rare dans les médias, ce touche à tout va de la BD  avec son héros du Far-West: Bob Hart, au polar, à la fiction, en passant par la littérature pour enfant  -d’où les super hommes style héros sont absents-, au scénario de film. Avez-vous vu peut-être dans les années 90,  L’été en pente douce  avec, entre autres Jean-Pierre Bacri, Jacques Villeret et Pauline Laffont. Un très grossier résumé : Il faisait très chaud, le village n’était pas leur allié et ils vont habiter ensemble pour essayer d’être heureux mais je ne dis pas tout…

 Voilà l’occasion après un exemple du parler nîmois, de faire une petite incursion dans celui des Vosges que je connais un tout petit peu car certains familiers y ont élu domicile.

Je ne sais si à l’heure actuelle, ils ont des calendes et jouent de l’épinette; ce n’est en tout cas pas encore la saison de remplir un cornet de brimbelles. Ici le temps est froid mais clair.
Les Spinassiens ont-ils joué  de l’épinette dans le salon littéraire parisien de Mme d’Epinay alors que d’autres, les bûcherons vosgiens schlittaient ?

schlitter :faire glisser les grands troncs d’arbre sur la schlitte (luge venu de l’Allemand sans doute).

épinette: sorte de cithare à cordes pincées serait d’origine vosgienne.

brimbelles : myrtilles, cornet : sachet, calendes : dernières neiges de printemps.

ELB

 

 

 

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One response to “« J’ai mal aux pieds, les deux »”

  1. trainsurtrainghv says :

    Tiens
    quelqu’un de nouveau à lire ( pour moi)

    J'aime

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