Solstice ou besoin de lumière.

SOLSTICE ou besoin de lumière

hgreveencre

Solstice, le mot est joli et à l’œil et à l’oreille à moins d’avoir un cheveu sur la langue.
Le solstice, il est fugace comme ses sifflantes et justement le 21 décembre est le jour le plus court. On se retourne et il a déjà fui. La nuit, on le sait, sera la plus longue.

On peut s’offrir alors, une luminothérapie chez Hopper et une peinture sans bruit, aussi.
Après la visite à Dali avec mon cher et tendre qui en est fou, entre copines, nous avons rendu visite à Monsieur Hopper.
Après ses illustrations commerciales, quelques gravures, ce sont ses aquarelles qui l’ont fait reconnaître par le milieu artistique qui le boudait à cause d’un réalisme trop vulgaire. Il est enfin admis dans la cour des grands. Peintre et qui plus est, francophile influencé entre autres par Marquet, Degas et Vallotton.
C’est toujours ce silence, ce côté figé des personnages, cet arrêt sur image plus exactement qui me fascine chez lui ainsi que ses couleurs ; j’ai noté beaucoup de nuances de vert.
Je ne l’ai découvert que tardivement, en 1995 dans une librairie niçoise, un peu par hasard. Hasard ou nécessité ? J’avoue que sa peinture m’a séduite, d’emblée.
Je n’y ai pas vu forcément la tristesse, la morosité, les méfaits d’une crise et le rejet d’un certain consumérisme. Je suis plutôt instinctive et animale et vais rarement au-delà pour jouer les critiques car je n’ai pas d’éducation en la matière. En ce qui concerne la musique, non plus, d’ailleurs. Cela me touche ou pas. Bien sûr, à posteriori, on réfléchit quelque peu et tente d’analyser mais si peu . Heureusement, les copines sont là qui réfléchissent davantage et décortiquent un peu.
J’y ai revu ces jours derniers cette lumière, même si l’ennui est là mais avec une attente certaine. C’est ce qui m’a frappée : l’ennui en quête de clarté.
Tous ces carrés ou rectangles de lumière baignant les bureaux et les chambres d’hôtels, impersonnels, avec invariablement la fenêtre ouverte et puis ces femmes qui sur le seuil de la maison qui à la fenêtre qui encore debout ou assise, sur leur lit s’inondent de soleil.
Et toujours cette lumière comme une invitation à sortir de la vacuité.
J’ai l’impression que ces portes ouvertes sur la prairie herbue en bordure de route avec un groupe de personnes sauf un-peut-être le peintre, en train de lire-exposant quasi frénétiquement leur visage posé sur ce corps tendu vers le soleil sont autant d’invitation à prendre le large.
On étouffe, il faut ouvrir portes, fenêtres et cœur sans doute. Il faut laisser entrer la lumière, en soi aussi. On lit, on réfléchit ou pas On attend quelqu’un ou quelque chose.
Let the sun shine…
Je ne suis pas sûre, en les observant bien, qu’ils aient perdu le goût des choses et celui des autres. Je serais même tentée de dire le contraire :
N’avoir rien à attendre, c’est un peu n’avoir plus rien à vivre or ils ont envie de vivre puisqu’ils cherchent le soleil, la lumière.
En ces temps d’obscurantisme, je choisis le désir de lumière que je perçois chez les personnages de Hopper plutôt que les mages officiant à Bugarach, friands d’un mauvais ésotérisme et malheureusement, toujours plus nombreux.

 ELB.

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