J’ai aimé lire American darling.

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Dès le début l’on sait tout et jusqu’au bout l’on poursuit le pourquoi et le comment des faits.

Que Russel Banks auteur américain, homme, ait réussi à camper ce solide personnage de femme Hannah alias Dan, ou Scout, laisse incrédule même si d’entrée elle nous révèle ses capacités d’enfant à surmonter émotions et ressentis , à se forger un masque. Qu’il en ait fait une révolutionnaire ,une paria de la bourgeoise blanche américaine des années soixante pourchassée par le FBI  et que pour cela elle se retrouve sous une fausse identité en Afrique au Libéria semble plausible. Son séjour  qui s’y prolonge parce qu’elle a épousé un ministre de Tolbert permet alors de suivre  à travers son amour des chimpanzés le déclin de leur espèce mais aussi les conflits , les deux guerres civiles et tribales que j’avais péniblement suivies sur écran ,péniblement parce que les images étaient insoutenables et que tout était folie, barbarie.

Remontent à notre mémoire des noms comme Tolbert, Prince Jonhson, Charles Taylor, Samuel Doe et son assassinat  médiatisé, les reportages sur les  mutilations, les massacres, les enfants soldats ivres et sanguinaires, les exodes… tous mis en scène et même une bonne partie de la rocambolesque évasion de Charles Taylor aux USA  relatée dans le livre est vraie.

Notre personnage termine son récit dans une étrange atmosphère de paix et de résilience alors que sont morts ses parents, son mari exécuté, ses fils enrôlés comme enfants soldats et ses singes bien-aimés dévorés comme « viande de brousse », après une vie selon elle d' »erreurs ».

D’aucuns aimeraient se pencher sur l’énigmatique expérience de maternité d’Hannah , évoquée, imaginée par un homme , sur sa sexualité, sur son mariage avec un noir, sur ses revirements .D ‘autres  sur le destin incroyable de ce pays, le Libéria que gouverne aujourd’hui un ancien champion de foot ,Georges Weah , assisté de l’ex-femme de Charles Taylor emprisonné en Angleterre pour crimes contre l’humanité. Sur les conséquences de la fin de l’esclavagisme aux USA… D’autres encore sur ces pages que je qualifie de tableaux comme l’abattage de poulets dans une ferme américaine, le rêve des chimpanzés ressuscités dans l’esprit de leur protectrice , le grouillement des cafards, comme autant de visions d’apocalypses à la Bosch qui permettent d’annoncer, d’intégrer l’horreur de la réalité de la guerre.

Me sont  revenues  en mémoire Les petites chaises rouges de Edna O’Brien pour le profil féminin de l’héroïne Fidelma elle aussi amoureuse et de celui que l’on se doit de haïr: un autre criminel de guerre…

Hier soir j’ai relu Pinocchio, version illustrée par Innocenti :je suis fan de ses dessins. « En fait  « – et là je parodie ma petite fille ,trois ans et demi , qui commence ainsi toute phrase – toute lecture permet de se questionner. « En fait » c’est pour elle que j’ai acheté Pinocchio. GHV

American darling. Babel poche chez Actes Sud.2007.

*Illustration ghv. Recto-verso au stabilo. Femme du train.

 

A titre d’essai

Petite bouteille à la mer: mon blog n’est plus accessible pour défaut de paiement pour mon domaine malgré mon réglement et je tente ici de voir si je peux encore publier!!!

Le biscuit

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« Repas, banquet… »: qu’évoquent ces mots pour toi? Ch. interrogé devant sa première tasse de café répond presque spontanément : » la Cène ». Je sais, il a gardé de son passage à Milan un souvenir très fort de la fresque de Léonard de Vinci.

La même image s’était présentée à mon esprit quelques instants plus tôt alors qu’encore sous la couette, un livre de Michel Serres à picorer entre les mains, la tête en friche, je cherchais l’idée d’un repas à organiser pour six voire plus, quelque chose de symbolique et chaleureux…des réjouissances. Et voilà que je tombais sur cette page où l’auteur sur le thème des tables évoquait lui aussi la Cène, la liturgique, non l’image restituée par un peintre .

Et moi alors de me rappeler le Festin de Babette lu récemment mais je n’ai pas vu le film, la Grande bouffe de Ferreri , le Banquet de Platon (Michel Serres le cite aussi )…Aussi de mon enfance le souvenir du banquet des chasseurs, ou celui  des « anciens » , des repas de noces ou des funérailles. Dans l’ordre : le  dogme institué du partage, l’ode au Clos-Vougeot et au raffinement culinaire, la désespérance, les questions posée sur l’Amour et enfin  les rites de nos bonnes sociétés.

Pour ces agapes que je prévois il me faudrait les convives choisis, des odeurs, des saveurs,des paroles, quelques rituels et de la joie. Quoi encore?GHV.

Illustration GHV: Le biscuit ,croquis du train entre Gare du Nord et Epinay sur Seine.

 

Haïku du soir.

Des glaçons fondus

Feuilles jaunies à terre

L’air est étouffant.

 

ELB